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	<title>Pourquoi ne pas le dire? &#187; Bertrand Tavernier, administrateur cinéma</title>
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	<description>Humeurs et coups de coeur des membres du CA</description>
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		<title>Courez voir Instants critiques à Malakoff</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 07:59:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier, administrateur cinéma</dc:creator>
				<category><![CDATA[Audiovisuel]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle vivant]]></category>

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		<description><![CDATA[Bertrand Tavernier est vice-président de la commission Cinéma Courez voir Instants critiques au Théâtre 71 à Malakoff. C&#8217;est un spectacle jubilatoire, sur les affrontements entre Georges Charensol et Jean-Louis Bory au Masque et la Plume, très bien mis en scène par François Morel avec une pianiste chanteuse talentueuse qui chante les chansons des films. C&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-283" title="Bertrand Tavernier" src="http://www.ca.blog.sacd.fr/wp-content/uploads/2011/10/tavernier_bertrand_150.jpg" alt="" width="150" height="225" /><em>Bertrand Tavernier est vice-président de la commission Cinéma</em></p>
<p>Courez voir <em>Instants critiques</em> au <a title="http://www.theatre71.com/Instants-critiques.html " href="http://www.theatre71.com/Instants-critiques.html " target="_blank">Théâtre 71</a> à Malakoff. C&#8217;est un spectacle jubilatoire, sur les affrontements entre Georges Charensol et Jean-Louis Bory au Masque et la Plume, très bien mis en scène par François Morel avec une pianiste chanteuse talentueuse qui chante les chansons des films.</p>
<p>C&#8217;est un hymne au cinéma, à la manière de parler du cinéma avec passion (sans box-office, sans mentionner le coût des films, sans parler pognon). On s&#8217;étripe sur Godard ou Delon ; on atomise Oury (surtout Bory qui est par ailleurs injuste avec Audiard) ; on défend Bergman mais aussi Grimblat. La salle réagit comme durant l&#8217;émission. Les deux acteurs, Olivier Broche et Olivier Saladin, sont formidables et la personnalité de Bory se dessine peu à peu dans sa complexité, et son éloge final de Bergman nous rappelle qu&#8217;il se suicida si jeune.</p>
<p>Charensol apparait beaucoup moins ronchon reac que dans mon souvenir mais il avait évolué vers la fin et Morel a eu la bonne idée de garder une intervention énervée d&#8217;une spectatrice qui les prend à partie. Je suis sorti sur un nuage.</p>
<p><strong>Découvrir 5 minutes d&#8217;extraits sur Dailymotion :</strong></p>
<p><iframe src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xj5p24" width="500" height="281" frameborder="0"></iframe></p>
<p><strong>Infos pratiques : </strong><br />
Théâtre 71 &#8211; scène nationale<br />
3   place du 11-Novembre<br />
92240  MALAKOFF<br />
Tel: 01 55 48 91 00<br />
Métro Plateau de Vanves (rue Eugène Varlin, 2 minutes à pied).</p>
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		<title>Philippe Séguin et le cinéma</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 14:24:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier, administrateur cinéma</dc:creator>
				<category><![CDATA[Audiovisuel]]></category>

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		<description><![CDATA[La mort de Philippe Séguin a donné lieu à une avalanche de condoléances plus ou moins hypocrites, faux derches (celles de Juppé ou de Jospin que cette mort surprenait en pleine promo et qui devait céder son temps de parole), à un déluge de regrets coincés, avec des expressions calibrées, taillées sur mesure  qui voltigeaient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La mort de Philippe Séguin a donné lieu à une avalanche de condoléances plus ou moins hypocrites, faux derches (celles de Juppé ou de Jospin que cette mort surprenait en pleine promo et qui devait céder son temps de parole), à un déluge de regrets coincés, avec des expressions calibrées, taillées sur mesure  qui voltigeaient d&#8217;un article à l&#8217;autre :  forte personnalité, Républicain, gaulliste social. Quelques exceptions ici et là, notamment celle de Serge Moati visiblement très ému et d&#8217;Henri Guaino. J&#8217;aimais bien Philippe Séguin. Les deux ou trois fois où je l&#8217;ai rencontré, il m&#8217;a étonné par sa culture, sa rapidité de décision, son intérêt et sa connaissance de très nombreux sujets. Notamment le cinéma. Ce que je n&#8217;ai lu nulle part. On parlé de son amour du foot mais pas du cinéma qui l&#8217;a conduit à accepter de siéger au Conseil d&#8217;Administration du Festival de Cannes.</p>
<p>Je me souviens de son intervention dans la regrettée émission <em>Cinéma, Cinémas</em> où l&#8217;on interrogeait un certain nombre d&#8217;hommes politiques sur leur rapports avec le 7ème art. Philippe Séguin avait été l&#8217;un des plus brillants et quand il parlait des films qu&#8217;il aimait, ne pratiquait jamais la langue de bois. Les réalisateurs producteurs lui doivent une fière chandelle. Dans les années 80, le ministère des finances avait décidé de considérer les réalisateurs gérants des sociétés de production au capital de 100 000 francs sociétés créées à la demande du ministère de la Culture pour permettre à des réalisateurs de toucher l&#8217;avance sur recettes) comme des salariés, même s&#8217;ils n&#8217;étaient absolument pas rémunérés. Et on commençait par prendre en compte le capital qui avait servi à monter la société et qui était souvent constitué pour une partie de scénarios et de droits divers. Cet intérêt était rétro actif et certains cinéastes s&#8217;étaient vus demander des sommes énormes . Je me souviens de Michel Drach à qui les huissiers réclamaient, dans un délai très court,  plus de 800 000 francs. Toutes les tentatives que la SRF avait faite au près des Ministères de la Finance et  de la Culture, dirigés par des socialistes, avaient débouché sur une impasse.  Après les élections, nous avions demandé Gérard Guérin et moi à rencontrer Philippe Séguin qui était ministre des Affaires Sociales et de l&#8217;Emploi. En quelques minutes, on réalisa qu&#8217;il connaissait parfaitement le dossier, ce qui n&#8217;était le cas d&#8217;aucun de nos interlocuteurs précédents. Et qu&#8217;il connaissait la carrière et les films de tous les auteurs concernés. En fait on parla surtout de cinéma, ce qui n&#8217;était pas si courant avec les députés chiraquiens. Et il régla tous les problèmes, fit cesser les procédures.</p>
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		<title>3 films québecquois</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Nov 2007 14:27:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier, administrateur cinéma</dc:creator>
				<category><![CDATA[Audiovisuel]]></category>

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		<description><![CDATA[Plusieurs belles découvertes dans la semaine du cinéma québecquois : CONTRE TOUTE ESPERANCE, deuxième volet de la trilogie &#8211; la Foi, l&#8217;Espérance et la Charité-, écrit et réalisé par Bernard Emond part de ce qui pourrait être un postulat de mélodrame sur fond de mondialisation et le traite avec une rigueur ascétique, un dépouillement qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plusieurs belles découvertes dans la semaine du cinéma québecquois : <em><strong>CONTRE TOUTE ESPERANCE</strong></em>, deuxième volet de la trilogie &#8211; la Foi, l&#8217;Espérance et la Charité-, écrit et réalisé par <strong>Bernard Emond</strong>  part de ce qui pourrait être un postulat de mélodrame sur fond de mondialisation et le traite avec une rigueur ascétique, un dépouillement qui élimine tout pathos. Interprétation exemplaire de <strong>Geneviève Tremblay</strong>. Une séquence extrêmement émouvante : ce dernier moment de travail d&#8217;un groupe de téléphoniste &#8211; des femmes d&#8217;un certain âge pour la plupart &#8211; qui viennent d&#8217;être licenciées, leur patron ayant vendu l&#8217;entreprise et empochant des millions de dollars lors de la transaction. Elles abandonnent leur siège, leurs écouteurs, n&#8217;osent pas se parler, à peine se regarder,  étouffées par l&#8217;angoisse, le chagrin, la timidité. Une série de gros plans de visages &laquo;&nbsp;ordinaires&nbsp;&raquo; nous poigne le coeur.<span id="more-62"></span></p>
<p>Tout aussi fort, <em><strong>CONTINENTAL, UN FILM SANS FUSIL</strong></em>, écrit et réalisé par <strong>Stéphane Lafleur</strong> pourrait paraître plombant si on lit juste le pitch : un homme va s&#8217;évanouir dans la nuit en sortant d&#8217;un autobus et cet événement va se réverbérer sur le destin de quatre personnes. Mais le ton de l&#8217;une des premières séquences, l&#8217;incontournable déclaration à la police, nous prend par surprise. Chacune des répliques du policier, embarrassé incapable de trouver les mots qui conviennent, sonne juste sans jamais être attendue. J&#8217;aime tout particulièrement le moment où il demande : &nbsp;&raquo; si on faisait une échelle de dépression allant de 1, Peu déprimé à 10, comment le noteriez-vous ?&nbsp;&raquo; &#8211; Et la femme, après un long silence, répond timidement : &laquo;&nbsp;2&#8243;. Pour son premier film, Lafleur entrecroise avec brio des solitudes ordinaires, réussissant  une chronique où le désespoir feutré est sans cesse contrarié par des dérapages cocasses, des rebondissements incongrus, des échanges décalés. Un jeune vendeur de polices d&#8217;assurance (dont le premier client meurt immédiatement) ne parvient pas, par timidité, à refuser l&#8217;invitation d&#8217;un couple qui veut être regardé en train de faire l&#8217;amour. Une réceptionniste, qui a connu un amoureux qui était allergique aux cacahouètes, téléphone à son répondeur pour que ces messages trompent sa solitude. Ce qu&#8217;elle fait à un bébé est un des moments les plus surprenants du film. Du <strong>Tati </strong>scandinave, disait un spectateur. Moi j&#8217;ai pensé à <strong>Stéphane Brizé</strong>.</p>
<p>Enfin <em><strong>RECHERCHER VICTOR PELLERIN</strong></em> de <strong>Sophie Deraspe</strong> est un véritable ovni. Ce documentaire sur un peintre qui a disparu après avoir brûlé toutes ses toiles commence comme un reportage classique puis se transforme en une enquête policière où l&#8217;on va de surprise en surprise. Notamment lors de la rencontre avec un policier qui est le spécialiste, au Québec, des questions artistiques et qui nous apprend que Pellerin a un mandat d&#8217;arrêt pour avoir volé des tableaux dans des institutions montréalaises, tableaux qu&#8217;il a remplacé par des faux. Le film devient une réflexion sur la mystification, le vrai et le faux avec au passage quelques aperçus décapants lancés par des artistes, des galiéristes célèbres, sur la peinture et ceux qui en vivent. Et des affrontements violents entre les proches de Pellerin où la réalisatrice doit s&#8217;insérer. Jusqu&#8217;au rebondissement final qui nous entraîne en Colombie; on est saisi par les plans de nature sous la pluie, cette ambiance de guérilla et on se dit que le film nous renvoie avec bonheur aussi bien à <strong>Marcel Schwob</strong> qu&#8217;à <strong>Borges</strong>.</p>
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		<title>Itinéraires, de Christophe Otzenberger</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Nov 2007 15:10:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier, administrateur cinéma</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Divers]]></category>

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		<description><![CDATA[Je me souviens que lorsque je suis sorti du cinéma après avoir vu Itinéraires (2006) de Christophe Otzenberger, j’ai été touché, ému, remué. Sa retenue, sa pudeur décuple l&#8217;âpreté du propos. Le regard qu’Otzenberger porte sur ce monde abandonné des dieux, livré à lui même, comme si la civilisation « c&#8217;était ailleurs, plus loin »,  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img align="left" alt="Itinéraires, de Christophe Otzenberger" id="image59" title="Itinéraires, de Christophe Otzenberger" src="http://www.sacd.fr/blogca/wp-content/uploads/2007/11/itineraires.gif" />Je me souviens que lorsque je suis sorti du cinéma après avoir vu <em><strong>Itinéraires </strong></em>(2006) de <strong>Christophe Otzenberger</strong>, j’ai été touché, ému, remué. Sa retenue, sa pudeur décuple l&#8217;âpreté du propos. Le regard qu’<strong>Otzenberger</strong> porte sur ce monde abandonné des dieux, livré à lui même, comme si la civilisation « c&#8217;était ailleurs, plus loin »,  est exempt de paternalisme comme de condescendance. Le trait n&#8217;est pas forcé ni la noirceur soulignée, au contraire. On conserve malgré tout une sorte d&#8217;espoir, de cet espoir qui vous fait tenir debout et continuer à marcher même quand le froid mord, quand les portes se ferment et qu&#8217;on ne peut se confier à personne. Formidable constat d&#8217;échecs que ce monde où la misère, le dégoût de soi vous lancent dans la violence ou le mutisme. L&#8217;ignorance, la difficulté d&#8217;établir de vrais rapports en dehors des dialogues d&#8217;ivrognes, tout cela parait miner les personnages, amoindrir jusqu&#8217;à leur instinct de conservation.<br />
J&#8217;ai aimé la fièvre du film, son rythme syncopé, ces plans de regard qui reviennent comme si le personnage (et aussi les spectateurs) voulait se convaincre qu&#8217;il avait bien vu ce qu&#8217;il avait vu. Comme s&#8217;il avait envie d&#8217;emporter avec lui pour lui tenir chaud, un souvenir, une vision, un bout de mur, une femme derrière une fenêtre.<br />
J&#8217;ai adoré les acteurs à commencer par <strong>Yann Trégouët</strong>. Mais aussi <strong>Spiesser</strong>, <strong>Hélène Vincent</strong>, <strong>Bonnaffé</strong>, <strong>Myriam Boyer</strong> et les autres. Sans oublier la petite <strong>Céline Cuignet</strong> qui aurait plu à <strong>Prévert</strong>.<br />
Il est réconfortant pour le cinéma français qu&#8217;un tel film existe, mais désolant de l’avoir vu massacré par une sortie indigne.</p>
<p>Alors ruez-vous sur ce dvd (à paraître le 20 novembre). <strong>Christophe Otzenberger</strong> le dédicacera <strong>jeudi 15 novembre</strong> à partir de <strong>18h</strong> à la boutique <strong>Chalet Pointu</strong> (10 rue des Goncourt &#8211; 75011 Paris).</p>
<p align="right"><strong>Bertrand Tavernier </strong></p>
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		<title>Redécouvrez Raymond Bernard</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Sep 2007 13:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier, administrateur cinéma</dc:creator>
				<category><![CDATA[Audiovisuel]]></category>

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		<description><![CDATA[Je ne saurai trop recommander l&#8217;achat du coffret Criterion consacré à Raymond Bernard qui comprend « Les Croix de Bois » et «Les Misérables ». C&#8217;est indispensable. Ces films restent inédits en dvd en France et la vidéo de René Château trahissait complètement le premier titre que je viens de revoir et que j&#8217;ai eu l&#8217;impression de découvrir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoPlainText">Je ne saurai trop recommander l&#8217;achat du coffret Criterion consacré à Raymond Bernard qui comprend « Les Croix de Bois » et «Les Misérables ».<br />
C&#8217;est indispensable. Ces films restent inédits en dvd en France et la vidéo de René Château trahissait complètement le premier titre que je viens de revoir et que j&#8217;ai eu l&#8217;impression de découvrir pour la première fois. La copie est magnifique et rend justice à l&#8217;extraordinaire photographie de Kruger (c&#8217;est à lui qu&#8217;on doit PEPE LE MOKO, non ?). Il y a des plans inouïs et le film a une force, une émotion incroyables. Tout le passage de la mine que l&#8217;on creuse sous la tranchée, l&#8217;affrontement dans le cimetière, les attaques nocturnes figurent parmi les plus grandes scènes de guerre de l&#8217;histoire du cinéma. Film génial. Gabriel Gabrio est impressionnant tout comme Vanel et Blanchar ne détonne que deux fois.</p>
<div align="right"><strong>Bertrand Tavernier</strong></div></p>
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		<title>Philippe Noiret</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Nov 2006 09:18:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier, administrateur cinéma</dc:creator>
				<category><![CDATA[Audiovisuel]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;était un ami, un frère, un père. Je lui dois tout. Et ce soir, accablé par le chagrin, je ne sais pas comment parler de lui. J&#8217;ai d&#8217;abord envie de crier ma reconnaissance. C&#8217;est lui, sa fidélité à la parole donnée, son sens de l&#8217;honneur qui m&#8217;avait permis de tourner L&#8217;HORLOGER DE SAINT PAUL  alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana">C&#8217;était un ami, un frère, un père. Je lui dois tout. Et ce soir, accablé par le chagrin, je ne sais pas comment parler de lui. J&#8217;ai d&#8217;abord envie de crier ma reconnaissance. C&#8217;est lui, sa fidélité à la parole donnée, son sens de l&#8217;honneur qui m&#8217;avait permis de tourner L&#8217;HORLOGER DE SAINT PAUL  alors que ce scénario avait été refusé par pratiquement tous les producteurs et distributeurs de Paris. On s&#8217;était fait jeter, humilier pendant plus de 18 mois  et il était resté à mes côtés, n&#8217;était jamais revenu sur son engagement. Pourtant je n&#8217;avais rien tourné à l&#8217;époque et s&#8217;il avait jeté l&#8217;éponge je ne lui en aurai pas voulu.<br />
Et puis un après midi, pendant qu&#8217;on tournait au Parc de la Tête d&#8217;Or, il m&#8217;a dit : &laquo;&nbsp;c&#8217;est curieux, je fais beaucoup de premiers films et jamais de seconds&nbsp;&raquo;. Et je lui ai répondu : &laquo;&nbsp;combien tu paries, Philippe, que tu fais mon second&nbsp;&raquo;.<br />
C&#8217;était QUE LA FETE COMMENCE.<br />
<span id="more-40"></span>Et on ne s&#8217;est plus quitté. On a tout partagé, nos passions, nos fous rires, nos angoisses, nos colères, nos admirations. On était deux provinciaux maladroits émotionnellement (moi plus que lui), curieux, ouverts. On savait communiquer de manière oblique par des allusions, des anecdotes, par des regards. Quand à la fin d&#8217;une prise, je disais &laquo;&nbsp;coupez&nbsp;&raquo;, il jetait un coup d&#8217;oeil dans ma direction et, avant que j&#8217;ai pu donner mon avis, lançait : &laquo;&nbsp;Tonton, on en refait une autre&nbsp;&raquo;.<br />
Il faisait tellement partie de ma vie que je lui montrais les scénarios, les premiers montages même des films où il ne jouait pas. J&#8217;avais besoin de son regard, de son amitié. Comme de celle de Claude Sautet.<br />
Ce n&#8217;était pas un acteur égoïste. Je l&#8217;ai vu pétri d&#8217;admiration pour Michel Galabru dans Le Juge et l&#8217;Assassin, pour Isabelle Huppert, Eddy Mitchell dans COUP DE TORCHON, pour Jean Rochefort dans la PORTEUSE DE PAIN, pour François Perrot ou Sabine Azema dans LA VIE ET RIEN D&#8217;AUTRE. Pour Claude Rich.<br />
Et pour Jean Vilar et Gérard Philippe. L&#8217;entendre parler de cette époque vous réchauffait. Il aimait aimer et avait l&#8217;admiration contagieuse. On avait l&#8217;impression qu&#8217;il y trouvait quelque chose de réconfortant. <strong>Nous nous sommes beaucoup parlés à travers nos admirations. Pour Gary Cooper que nous aurions tous les deux voulu connaître, pour Hitchcock, Fred Astaire, Mario Monicelli, Marcello Mastroianni ou Marco Ferreri.<br />
</strong>Il m&#8217;a appris tant de choses, fait découvrir des auteurs, des peintres, un certain art de vivre fait d&#8217;élégance et de discrétion. Il m&#8217;a donné le goût des acteurs et m&#8217;a montré qu&#8217;on pouvait être exigeant, passionné en souriant, avec légèreté.<br />
Il avait cette extraordinaire politesse qui consistait à minimiser les difficultés, les efforts, le travail qu&#8217;il avait accompli. Il prétendait qu&#8217;il ne savait pas quelle séquence on allait tourner, qu&#8217;il devait aller la lire alors qu&#8217;il la connaissait au rasoir. Cette politesse et cette pudeur. Pas de cirque, pas de numéro pour se concentrer. Comme son ami Mastroianni, il n&#8217;en avait pas besoin. Il se nourrissait de la chaleur d&#8217;un tournage, d&#8217;une équipe, se mêlait aux techniciens, regardait, apprenait. Ma société de production, Little Bear, a produit ses derniers films , PERE ET FILS et EDY, et mon associé Frédéric Bourboulon raconte  que pendant le tournage du premier, sur une petite route paumée, à l&#8217;écart du plateau, se croyant seul, Philippe, levant les bras au ciel, s&#8217;était mis à hurler : &laquo;&nbsp;ce que je suis content de tourner!!&nbsp;&raquo;&#8230; il avait ensuite surpris le regard de Fred&#8230;et souri un peu gêné&#8230;  </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana">J&#8217;ai partagé ses engagements, ses quêtes. J&#8217;étais à coté de lui, à Verdun, quand il essayait de comprendre durant le tournage de LA VIE ET RIEN D&#8217;AUTRE ce qu&#8217;avait vécu son père, quand il marchait dans ses pas. Il avait épousé mon combat pour faire ce film, n&#8217;avait pas hésité, tout comme Sabine Azema, à mettre en participation la moitié de son salaire. Et c&#8217;est le film qu&#8217;il choisit quand le Festival de Cannes voulut lui rendre hommage. C&#8217;est qu&#8217;il semblait ne faire qu&#8217;un avec les colères, les engagements, les fêlures du commandant Dellaplane, cet officier profondément républicain (&laquo;&nbsp;le sénateur de Courtil a de la République, une conception effarante&nbsp;&raquo;. Cette phrase écrite par Jean Cosmos me fait chaque fois passer des frissons), cet homme de l&#8217;ancien temps, 1913, qui écrit à la femme qu&#8217;il aime : &laquo;&nbsp;Je vais commencer à vous attendre. Je vous attendrai mais pas plus de cent ans, mettons cent un&nbsp;&raquo;<br />
Maintenant c&#8217;est moi qui vais commencer à attendre. Est ce que je tiendrai 100 ans ?</span><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana" /><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana"> </span> </p>
<p align="right"><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana" /><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana" /><span style="font-size: 10pt; font-family: Verdana"><strong>Bertrand Tavernier,</strong><br />
Administrateur Cinéma </span></p>
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