<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Pourquoi ne pas le dire?</title>
	<atom:link href="http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.ca.blog.sacd.fr</link>
	<description>Humeurs et coups de coeur des membres du CA</description>
	<lastBuildDate>Thu, 14 Jan 2010 16:17:54 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.2</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>La liberté d&#8217;expression menacée (témoignage)</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2010/01/14/la-liberte-dexpression-menacee-temoignage/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2010/01/14/la-liberte-dexpression-menacee-temoignage/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 14 Jan 2010 16:17:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louise Doutreligne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Spectacle vivant]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/?p=132</guid>
		<description><![CDATA[Je me suis rendu hier Mardi 12 janvier à la Maison des METALLOS, Paris XIe pour assister au spectacle “A mon âge, je me cache encore pour fumer” de RAYHANA mise en scène de FABIAN CHAPUIS.
On m’avait dit de venir tôt  à 20H15 car suite au succès et à la très bonne presse unanime, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je me suis rendu hier Mardi 12 janvier à la <a title="http://www.maisondesmetallos.org/A-mon-age-je-ma-cache-encore-pour.html" href="http://www.maisondesmetallos.org/A-mon-age-je-ma-cache-encore-pour.html">Maison des METALLOS</a>, Paris XIe pour assister au spectacle <em>“A mon âge, je me cache encore pour fumer”</em> de <strong>RAYHANA </strong>mise en scène de <strong>FABIAN CHAPUIS</strong>.</p>
<p>On m’avait dit de venir tôt  à 20H15 car suite au succès et à la très bonne presse unanime, il y avait beaucoup de monde. Effectivement, arrivée dans le hall, j’ai vu une foule nombreuse attendant l’ouverture des portes de la salle. Fabian Chapuis, le metteur en scène me signale alors qu’un petit incident technique fait qu’on commencera avec un peu de retard. Je vais au bar en attendant l’ouverture des portes. J’étais ravie de voir le monde et la très bonne presse du spectacle commencé le 8 décembre 2009. En effet c’est un texte que j’avais présenté dans le cadre des <a title="http://www.sacd.fr/Les-Mardis-Midi-du-Rond-Point-saison-09-10.1477.0.html" href="http://www.sacd.fr/Les-Mardis-Midi-du-Rond-Point-saison-09-10.1477.0.html">MARDIS du Rond-Point</a> la saison dernière en collaboration avec <a title="http://beaumarchais.asso.fr/" href="http://beaumarchais.asso.fr/">BEAUMARCHAIS-SACD</a>.</p>
<p>Après une petite demi-heure ouverture des portes et installation du public qui demeure patient et cordial&#8230; Mais nous attendons assis en salle un bon quart d’heure de plus jusqu’à ce que le metteur en scène s&#8217;adresse à nous pour nous demander de patienter encore vingt minutes supplémentaires&#8230; Le public proteste un peu et demande qu’on lui dise vraiment ce qui se passe&#8230; Le directeur des Métallos et le metteur en scène nous informent alors qu’il s’agit d’un accident dont a été victime une des comédiennes, qu’elle est allée à l’hôpital mais qu’elle arrive&#8230; Mais que si certains veulent repartir et revenir un autre jour ou se faire rembourser il n’y a aucun problème. Très peu de gens partent, nous patientons vingt minutes supplémentaires et enfin le spectacle démarre. Spectacle joué par neuf femmes (cela se passe dans un hammam, le jour des femmes à Alger) et un homme&#8230; Très beau, très sobre et pudique bien qu’abordant de façon politique et courageuse la problématique du corps féminin (de tout âge et de toute classe sociale) dans la société algérienne face aux hommes et aux pouvoirs politiques et religieux&#8230;</p>
<p>A la fin du spectacle, lors des saluts, très applaudis, très chaleureux, je m’aperçois que Rayhana, l’auteure qui  joue un très petit rôle dans le spectacle est très troublée et au bord de s&#8217;effondrer&#8230; Dans le hall, je félicite les comédiennes que je connais ainsi que Fabian le metteur en scène et lui demande si je peux voir Rayhana, il me prie de surtout l’attendre ajoutant “elle a besoin de tous les soutiens possibles”&#8230; J’attends assez longtemps, on me dit qu’elle est en train de prendre une douche&#8230; Quand Rayhana est arrivée des loges et m’a vue , elle s’est littéralement effondrée dans mes bras et m’a dit à l’oreille “ils m’ont aspergée d’essence et ont mis le feu, j’ai réussi à courir, les commerçants m’ont fermé leurs portes au nez&#8230; J’ai peur, j’ai peur&#8230; Ils m’ont ratée en Algérie, ils m’auront ici&#8230; Et regardant enfin autour d’elle , j’ai vu deux policiers qui l’accompagnaient&#8230; Les autres comédiennes dont Marie Laborit m’ont confirmé qu’elle était sous protection, qu’elle ne dormait pas chez elle, mais chez une cousine, qu’elle serait protégée, je suis retournée vers Rayhana, je lui ai redonné ma carte avec mon numéro personnel et mon mail, lui disant que la SACD était là aussi pour l’aider&#8230;</p>
<p><a title="http://www.sacd.fr/La-Liberte-d-expression-et-de-creation-encore-menacee-en-France-en-2010.1482.0.html" href="http://www.sacd.fr/La-Liberte-d-expression-et-de-creation-encore-menacee-en-France-en-2010.1482.0.html">Lire le communiqué SACD</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2010/01/14/la-liberte-dexpression-menacee-temoignage/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Philippe Séguin et le cinéma</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2010/01/11/philippe-seguin-et-le-cinema/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2010/01/11/philippe-seguin-et-le-cinema/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 14:24:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand Tavernier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Audiovisuel]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/?p=126</guid>
		<description><![CDATA[La mort de Philippe Séguin a donné lieu à une avalanche de condoléances plus ou moins hypocrites, faux derches (celles de Juppé ou de Jospin que cette mort surprenait en pleine promo et qui devait céder son temps de parole), à un déluge de regrets coincés, avec des expressions calibrées, taillées sur mesure  qui voltigeaient [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La mort de Philippe Séguin a donné lieu à une avalanche de condoléances plus ou moins hypocrites, faux derches (celles de Juppé ou de Jospin que cette mort surprenait en pleine promo et qui devait céder son temps de parole), à un déluge de regrets coincés, avec des expressions calibrées, taillées sur mesure  qui voltigeaient d&#8217;un article à l&#8217;autre :  forte personnalité, Républicain, gaulliste social. Quelques exceptions ici et là, notamment celle de Serge Moati visiblement très ému et d&#8217;Henri Guaino. J&#8217;aimais bien Philippe Séguin. Les deux ou trois fois où je l&#8217;ai rencontré, il m&#8217;a étonné par sa culture, sa rapidité de décision, son intérêt et sa connaissance de très nombreux sujets. Notamment le cinéma. Ce que je n&#8217;ai lu nulle part. On parlé de son amour du foot mais pas du cinéma qui l&#8217;a conduit à accepter de siéger au Conseil d&#8217;Administration du Festival de Cannes.</p>
<p>Je me souviens de son intervention dans la regrettée émission <em>Cinéma, Cinémas</em> où l&#8217;on interrogeait un certain nombre d&#8217;hommes politiques sur leur rapports avec le 7ème art. Philippe Séguin avait été l&#8217;un des plus brillants et quand il parlait des films qu&#8217;il aimait, ne pratiquait jamais la langue de bois. Les réalisateurs producteurs lui doivent une fière chandelle. Dans les années 80, le ministère des finances avait décidé de considérer les réalisateurs gérants des sociétés de production au capital de 100 000 francs sociétés créées à la demande du ministère de la Culture pour permettre à des réalisateurs de toucher l&#8217;avance sur recettes) comme des salariés, même s&#8217;ils n&#8217;étaient absolument pas rémunérés. Et on commençait par prendre en compte le capital qui avait servi à monter la société et qui était souvent constitué pour une partie de scénarios et de droits divers. Cet intérêt était rétro actif et certains cinéastes s&#8217;étaient vus demander des sommes énormes . Je me souviens de Michel Drach à qui les huissiers réclamaient, dans un délai très court,  plus de 800 000 francs. Toutes les tentatives que la SRF avait faite au près des Ministères de la Finance et  de la Culture, dirigés par des socialistes, avaient débouché sur une impasse.  Après les élections, nous avions demandé Gérard Guérin et moi à rencontrer Philippe Séguin qui était ministre des Affaires Sociales et de l&#8217;Emploi. En quelques minutes, on réalisa qu&#8217;il connaissait parfaitement le dossier, ce qui n&#8217;était le cas d&#8217;aucun de nos interlocuteurs précédents. Et qu&#8217;il connaissait la carrière et les films de tous les auteurs concernés. En fait on parla surtout de cinéma, ce qui n&#8217;était pas si courant avec les députés chiraquiens. Et il régla tous les problèmes, fit cesser les procédures.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2010/01/11/philippe-seguin-et-le-cinema/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Identité et spécificité de l&#8217;écriture pour la Rue</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/11/09/identite-et-specificite-de-lecriture-pour-la-rue/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/11/09/identite-et-specificite-de-lecriture-pour-la-rue/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 11:39:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Houdart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts de la rue]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/?p=104</guid>
		<description><![CDATA[Cette réflexion analyse et prolonge les débats organisés par la SACD et la Fédération des Arts de la rue le 23 octobre 2009, sur le thème « Quelles aides pour les arts de la rue et pour quels lieux ?».
Il est utile de questionner les origines d’un art pour en percevoir l’identité et la spécificité. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette réflexion analyse et prolonge les <a href="http://www.sacd.fr/Journee-des-auteurs-des-Arts-de-la-rue-videos.1383.0.html" target="_blank">débats organisés par la SACD et la Fédération des Arts de la rue le 23 octobre 2009</a>, sur le thème <strong>« Quelles aides pour les arts de la rue et pour quels lieux ?».</strong><br />
Il est utile de questionner les origines d’un art pour en percevoir l’identité et la spécificité. Dans le cas des arts de la rue, l’origine est double. Origine religieuse dans les Dionysies, processions accompagnées de chants et de musique, chœurs de satyres et de bacchantes, en l’honneur de Dionysos en Grèce, Bacchus chez les Romains.<br />
L’autre origine, peut-être plus éclairante en ce qui concerne l’écriture, est liée à la création des villes, dans l’Antiquité ou au Moyen–Âge. Peu de villes sont issues d’une volonté précise, d’un marquage au sol comme la Rome de Romulus et Remus.<br />
Les villes sont nées, pour leur grande majorité, du carrefour et de la foire. Au croisement des grands axes de circulation, les commerçants itinérants créaient des rendez-vous réguliers, et instauraient des foires, des lieux de commerce dans le sens premier du terme, et petit à petit, autour de ces carrefours, des villes se sont bâties. Ces lieux de rencontre étaient très naturellement des lieux de jeu, de spectacle, de musique. L&#8217;art de la rue est l’art premier des villes en devenir. Et tout naturellement, de ces deux origines, religieuse et commerce entre les hommes, découlent l’identité et la spécificité des arts de la rue.</p>
<p>Dès l’origine, toutes les disciplines artistiques sont convoquées, parole, danse, musique, art plastique, mime, masque, art du mouvement et de la performance physique, harangue…</p>
<p>Dès l’origine cet art est fondé sur la rencontre plus ou moins fortuite avec le public.</p>
<p>Dès l’origine, la nécessité d’attirer, de convaincre, et d’échanger, a été privilégiée. Surtout pas l’art pour l’art, mais l’art pour la rencontre, le dialogue, l’émotion.</p>
<p>Dès l’origine, au moins dans la partie laïque de ces origines, la rue fut le lieu d’une expression politique. Notre grand ancêtre c’est le colporteur, qui utilisait tous les moyens artistiques à sa disposition pour vendre objets, livres ou images, mais aussi pour transmettre et diffuser les idées politiques, les colporter. On sait le rôle qu’il a joué dans l’élaboration des cahiers de doléances, ferment de la Révolution Française.</p>
<p>L’identité des arts de la rue, c’est donc aussi la parole, mais pas dans le sens verbal du terme. Plus dans le sens de témoignage, de présence, et aussi de miroir d’une société.<br />
Je me souviens que lorsque sortit le film « Trafic » de Jacques Tati dans les années 60, des publicistes inventifs, en guise d’affiche sur la façade d’un cinéma des Champs-Élysées, avaient installé un gigantesque miroir qui reflétait la circulation de cette avenue. Et le trafic urbain, tout d’un coup, était mis en perspective, en abîme, il se théâtralisait. La parole devenait visuelle, métaphorique, symbolique.<br />
Cet effet de miroir se double d’une adaptabilité tout à fait caractéristique, adaptabilité au lieu, à l’environnement, au public, à la météo.</p>
<p>L’art de la rue est donc constitutif de l’écriture de la ville, de ses rapports humains, sociaux et politiques.<br />
Jusqu’au jour où le pouvoir s’installe et capte la parole libre, l’enferme dans des règles et des contraintes. C’est toute la question de l’écriture et du pouvoir. L’écriture pour l’espace public est ouverture, pluridisciplinaire et libertaire. Le pouvoir contraint l’espace public, mais pas uniquement le pouvoir : l’espace public est, selon la très éclairante expression de Pascal Le Brun-Cordier, le terrain de la « guerre des récits. Il s’agit donc de chercher le moyen d’exister autrement dans la rue, trouver de nouveaux cadres de récit.<br />
C’est toute la recherche de Francis Peduzzi, directeur du Channel, Scène Nationale de Calais, qui pense son action et ses choix comme un « récit » et agit sur l’espace public en passant commande, en acceptant la trahison de la commande.</p>
<p>L’espace public est de plus en plus confisqué par les tutelles, les arts de la rue n’ont droit de cité qu’à temps fixe, en lieu fixe, en rendez vous organisés et annoncés. Et ils perdent ainsi leur saveur, leur spontanéité, leur raison d’être.</p>
<p>L’auteur, la Compagnie, l’artiste, sont ainsi plus ou moins conditionnés par les lois du marché, par une demande qui, sans faire de la censure, évolue vers une <strong>démocratisation culturelle</strong> plus que vers une véritable <strong>démocratie culturelle</strong>.</p>
<p>L’espace public ne devrait pas être un lieu de spectacle comme un autre, un lieu pour poser des spectacles, mais un lieu porteur de création à sa mesure, à sa démesure. L’artefact n’a pas vraiment sa place dans la rue. L’innovation doit avant tout prendre en compte tous les paramètres, population, urbanisme, architecture, et l’artiste doit au milieu de tout cela être le médiateur, le catalyseur, l’orchestrateur de tous ces instruments.</p>
<p>L’aide, la subvention, la bourse en direction des auteurs, doit aller dans ce sens. Spécificité, innovation, et pas uniquement dans les grands rendez-vous habituels, indispensables mais insuffisants, qu’il ne faut pas négliger mais qui ne sont pas le but unique et ultime&#8230; Comme le proclame André Gintzburger, « l’intérêt du théâtre de rue c’est qu’il surgisse là où on ne l’attend pas ». Mais dans ce cas, qui paiera la production et les salariés ?<br />
Cela nous renvoie au thème de cette journée de réflexion, « quelles aides et pour quels lieux ? »<br />
C’est tout le sens de l’évolution du dispositif d’aide de la SACD « <a href="http://www.sacd.fr/Auteurs-d-espace-public.1319.0.html" target="_blank">Auteurs d’espace public</a> »  qui entend jouer un rôle incitatif, d’aide au surgissement d’auteurs voués à cet espace et à cette prise en compte du « récit ».</p>
<p>Mais, comme le fait très justement remarquer Ema Drouin, si on veut penser espace public, il faut penser public partenaire. Si on veut aller dans l’espace public, il faut échapper à l’espace politique contraignant et contraint.<br />
Mai 68, le Printemps de Prague, la révolution des Œillets, ont vu surgir des auteurs, des poètes, des plasticiens. La rue était en effervescence, en création. Hors norme, hors institution.<br />
L’institution, l’Etat, les Collectivités territoriales, devraient être au service du public, et pas le contraire. Mais le Ministère interrompt les Entretiens de Valois, nous renvoie au dialogue avec les collectivités territoriales qui sont déjà exsangues, de Charybde en Sylla…<br />
Faut-il attendre que la manne se tarisse totalement pour que le public et les artistes se prennent collectivement en charge, comme le font de nombreuses associations dans le domaine humanitaire, écologique, économique ?La taxe Tobin, les aides individuelles dégrevées d’impôts, le mécénat du public, sont des pistes qui permettent d’ouvrir l’espace public au jeu, à la poésie, à la création, à l’invention du récit.</p>
<p>Ces réflexions et bien d’autres peuvent alimenter les débats d’une association d’auteurs pour l’espace public qui se constituera en janvier 2010<br />
<strong></strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Dominique Houdart</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/11/09/identite-et-specificite-de-lecriture-pour-la-rue/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>PADOX à Jérusalem &#8211; Festival Palestinien « Jérusalem dans tous ses états » [vidéo]</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/10/26/padox-a-jerusalem-festival-palestinien-%c2%ab-jerusalem-dans-tous-ses-etats-%c2%bb/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/10/26/padox-a-jerusalem-festival-palestinien-%c2%ab-jerusalem-dans-tous-ses-etats-%c2%bb/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 26 Oct 2009 16:59:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Houdart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts de la rue]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/?p=101</guid>
		<description><![CDATA[Voir la vidéo : Les Padox en Palestine

Dimanche 27 septembre 2009
Jamais nous n’avions connu une fouille aussi intense à l’aéroport au départ vers Tel-Aviv. Un détecteur à explosif est passé dans tous les recoins de nos valises, et le fait que nous emportions avec nous 27 talkies-walkies pour les besoins du spectacle crée une certaine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>Voir la vidéo : Les Padox en Palestine</strong></p>
<div><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="275" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xb7joc&amp;related=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="275" src="http://www.dailymotion.com/swf/xb7joc&amp;related=0" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></div>
<p><strong>Dimanche 27 septembre 2009</strong></p>
<p>Jamais nous n’avions connu une fouille aussi intense à l’aéroport au départ vers Tel-Aviv. Un détecteur à explosif est passé dans tous les recoins de nos valises, et le fait que nous emportions avec nous 27 talkies-walkies pour les besoins du spectacle crée une certaine agitation. Mais finalement, cela passe.<br />
C’est vraiment curieux que la police et la sécurité israéliennes puissent opérer sur le territoire français. La confiance règne !<br />
À l’arrivée à Tel-Aviv, un membre du Centre Culturel Français de Jérusalem-Est nous accueille en nous disant « Vous tombez bien, il y a de la bagarre dans la vieille ville de Jérusalem, des extrémistes religieux juifs ont fait une incursion sur l’esplanade des mosquées, on ne sait pas comment cela peut tourner ». Effectivement il se confirme que ce genre de provocation est récurent à l&#8217;approche du Yom Kippour, mais en arrivant à Jérusalem, Olivia, l’organisatrice du Festival « Jérusalem dans tous ses Etats » nous confirme qu’il y a eu 17 blessés, que les affrontements continuent, qu’il vaut mieux ne pas s’aventurer dans le quartier Est, et que les activités sont suspendues.<br />
Nous venons participer à ce Festival avec l’appui du Centre Culturel Français de Jérusalem Est et de Cultures France qui prennent en charge le voyage. Le Festival nous assure l’hébergement et la nourriture. Notre équipe, outre Jeanne et moi, est composée de deux de nos compagnons de route actuels, Félicien Graugnard et David Lippe, qui ont accepté des conditions difficiles à tous points de vue.<br />
Demain, Jérusalem est une ville morte en raison du Yom Kippour, ce jour-là on peut faire du vélo sur l’autoroute entre Jérusalem et tel Aviv (expression consacrée entendue de toute part).<br />
Olivia craint cependant que ces évènements tournent mal. Et comme souvent ici, l’humour ne perd pas ses droits : « On pensait que la 3e guerre mondiale arriverait avant la 3e Intifada, eh bien non !!! »<br />
Demain premier rendez vous avec nos stagiaires.</p>
<p><strong>Lundi 28 septembre 2009</strong><br />
Youm Kippour paralyse vraiment les activités, et nos stagiaires n’ont pas osé venir, craignant de ne pas pouvoir rentrer chez eux. Seuls trois jeunes Roms, qui habitent la vieille ville, étaient au rendez-vous. Nous aurons nos stagiaires demain, si tout va bien.<br />
Car il y a depuis hier une tension à Jérusalem. C’est intéressant de lire la presse française qui annonce qu’un groupe de touriste qui voulait visiter l’esplanade des mosquées a été agressée par des palestiniens. Le Monde et le Figaro ont fait confiance à une dépêche de l’agence Reuter  qui cache la vérité. L’agression vient en réalité d’extrémistes religieux juifs. La journée a été calme grâce a Yom Kippour, mais que se passera-il demain ?<br />
Le festival palestinien auquel nous participons a commencé avec l’équipe d’Ici même de Grenoble, menée par Corinne Pontier. Ils proposent une déambulation, les yeux fermés, guidés par un membre de l’équipe. Ils ont comme partout recruté des guides sur place. Et ils investissent la rue Salah El Din, le cœur du quartier palestinien de Jérusalem. Ayant eu l’occasion de faire ce superbe parcours à Paris, nous avons voulu les suivre en spectateurs extérieurs. Les réactions des passants sont étonnantes, de l’inquiétude à l’admiration. Ils ont déambulé dans un parking au début du parcours, et les trois gardiens du parking, voyant que j’observais ce jeu, m’ont demandé la signification de cette proposition. Quand ils ont compris ce que je leur expliquais, découverte sensible de la ville par l’ouie, l’odorat, les sensations, l’un d’entre eux a eu cette belle réflexion : « C’est quand on ferme les yeux qu’on sent qu’on est aimé de Dieu. »</p>
<p><strong>Mardi 29 septembre 2009</strong><br />
Une promenade sur les toits de la vieille ville, est un moment rare. Au-dessus des souks, on devine les marchands d’épices à l’odeur qui monte par les ouvertures de la galerie, et l’on y découvre un large panorama sur le Mont des oliviers, la Mosquée El Aksa, les nombreux clochers, les minarets, et une forêt  de fils, d’antennes, de tôles, de jardins, de terrasses, d’abris de fortune.<br />
Le stage Padox semble bien commencer, 24 stagiaires arrivent, mais un petit groupe de comédiens, déçu de voir qu’il y avait un certain nombre de jeunes en difficulté, accompagnés par un éducateur, décident que ce n’est pas pour eux, qu’ils ne veulent pas être mélangés, et partent. C’est bien décevant, de voir qu’au sein de cette communauté palestinienne, il y a de tels clivages. Il est vrai que ces jeunes n’ont aucun repère, aucune éducation culturelle, mais justement nous pouvons, nous et les autres stagiaires, les aider en ce sens. Hélas, au bout d’une demi-heure, l’éducateur nous lâche, cela rend le stage difficile à mener. Bref, aujourd’hui, la séance se termine avec 13 stagiaires, dont nos 3 jeunes Roms, charmants, mais timides au milieu des grands gaillards palestiniens, tous des garçons, alors que nous avons 2 filles Rom et un gamin de 11 ans (qui se révèle un bon partenaire).<br />
Réflexion d’une des jeunes Roms, elle me demande si je suis Gypsy. Comme si on ne pouvait s’intéresser à elle que si on était Gypsy…<br />
Nous apprendrons par la suite qu’un aveugle israélien avait demandé à faire la promenade avec «Ici Même », et que les guides palestiniens ont refusé de le conduire. Tout cela est dur à avaler. On nous explique que certains jeunes palestiniens ont participé à des stages mixtes, et que cela leur a valu des ennuis : prison, rejet par leur communauté. Cela nous éclaire sur la réserve des uns et des autres, cette méfiance viscérale d’une communauté pour l’autre. L’histoire ne va pas dans le bon sens, la solution de ce conflit qui se durcit tous les jours est absolument impossible à imaginer.</p>
<p><strong>Mercredi 30 septembre 2009</strong><br />
Nous avons perdu quelques stagiaires, justement les jeunes en difficulté, leur éducateur ne les a pas accompagnés et n’a pas donné d’explication, pourtant l’un d’entre eux, rencontré dans la rue, nous a dit son intérêt pour le travail. Quel gâchis ! Le groupe se restreint, mais les volontaires qui restent sont motivés, et leur première expérience en plein air est prometteuse : leur plaisir vient des réactions du public, d’une chaleur exceptionnelle. Nous avons rarement eu un public aussi exubérant. Nous répétons dans la cour de l’YMCA, un attroupement s’est formé devant la grille, et les commentaires amusés fusaient.<br />
Bien entendu, il est impossible d’avoir tout le monde tout le temps, certains travaillent, mais ils nous rejoignent rapidement dès qu’ils sont libres, et nous donnent leur vendredi et leur dimanche qui sont les jours de repos pour les musulmans.<br />
Demain les volontaires qui servaient de guides dans la déambulation de « Ici même » nous rejoindront peut-être. Le groupe va s’étoffer.<br />
En rentrant dans la vieille ville après la répétition, nous sommes tombés sur un événement impensable dans ce pays : une femme, âgée, nue, mais avec un voile sur la tête, courait dans le souk en hurlant. Tout autour les gamins riaient, l’un d’entre eux, voyant notre étonnement, a mis son doigt sur la tempe en disant « crazy ». Et pour une fois, pas de soldats armés ou de policiers à l’horizon. Et pourtant les rues des souks sont truffées de micros et de caméras.</p>
<p><strong>Jeudi 1er octobre 2009</strong><br />
Le grand jour est arrivé, première sortie du groupe des Padox, et pour le baptême du feu, j’ai choisi de commencer par la porte de Damas, à l’entrée Est de la vieille ville, un des lieux de passages les plus fréquentés, une architecture superbe, avec ces murailles gigantesques maintes et maintes fois détruites, et finalement restaurées par Soliman au XVIè siècle, mais dont les fondations romaines sont encore visibles. Là tout un peuple de marchands, de touristes, de religieux de toutes sortes, de juifs orthodoxes, de palestiniens, se croisent et cohabitent. Mais c’est aussi là que lorsque nous étions présents pour un festival israélien au début de la première Intifada en 87, nous avons vu la police montée israélienne foncer sur les marchands et reverser leurs étals.<br />
Les Padox arrivent, et descendent en ligne les marches de cette belle place en amphithéâtre (un lieu superbe pour un spectacle…). La foule étonnée se masse en bas. Au centre de la partie basse, en face de la belle porte aux énormes clous une marchande de raisin. Les Padox viennent tous s’asseoir au sol, en face d’elle, et immédiatement une foule bruyante se presse tout autour. Cette femme devient la reine de la place, l’objet de toutes les attentions. Puis nous nous entrons en contact avec le public, un bain de foule un peu étouffant, au point que nous remontons dans la circulation, traversée de rue, jeu avec les voitures, les passants, les marchands, avant de regagner le bus. À ce moment précis, arrive la police. Nos accompagnateurs expliquent qu’il s’agit d’un stage de théâtre organisé par le Centre Culturel Français de Jérusalem, il faut parlementer un certain temps, et enfin nous pouvons repartir.<br />
La prochaine étape est justement le Centre Culturel Français de Jérusalem Est, rue Salah El Edin, lieu de repos dans le jardin- avant de repartir dans la rue, jouer avec les boutiques, les passants. Très vite tous les gamins du quartier déboulent, les familles, ils nous escortent jusqu’à un jardin ou, sous de beaux pins, les Padox ramassent des pommes de pin pour les offrir au public. Et enfin, ils vont faire la circulation sur un carrefour très proche, créant un encombrement déclanchant un concert de klaxon monstrueux, avant de rapatrier la salle de répétition.<br />
Ce premier contact est plus qu’encourageant, le public est chaud, spontané, d’une grande gentillesse, sans agressivité, et avec notre équipe, en repensant la journée, nous nous disons que cela pourrait être le début d’un splendide travail de quartier. Imaginons la présence des Padox ici, pendant 15 jours, formation et jeu, et au bout de 15 jours, un grand spectacle populaire joué par 40 Padox là, par exemple dans cet amphithéâtre naturel de la Porte de Damas.<br />
J’en veux pour preuve les rencontres que les uns et les autres avons faites, à la nuit tombante, en rentrant à l’hôtel : en passant porte de Damas, les commerçants nous ont reconnus, et interpellés, nous demandant si les grosses têtes allaient revenir, qui était dedans, ravis d’apprendre que c’étaient de jeunes palestiniens. Et bien sûr, nous sommes à Jérusalem, la religion ne perd pas ses droits, l’un d’entre eux nous dit « Ce sont des envoyés de Dieu ». Tiens, nous n’y avions pas pensé. Et si c’étaient plutôt des envoyés des hommes ?</p>
<p><strong>Vendredi 2 octobre 2009</strong><br />
Vendredi, le jour très délicat à Jérusalem. C’est le jour où tous les palestiniens musulmans vont prier sur l’esplanade des mosquées, c’est le jour des incidents, des bagarres. Or nous avions prévu de jouer dans la vieille ville, sur les terrasses et autour d’un restaurant situé au cœur du marché Muristan, un des très beaux lieux de Jérusalem, a deux pas du Saint Sépulcre. Dès le matin, les hélicoptères tournent au-dessus de la vieille ville, qui est bouclée par la police et l’armée : seuls les Arabes de plus de 45 ans peuvent aller prier à la mosquée, les autres sont refoulés, y compris femmes et enfants. Nous devons donc annuler cette sortie, et trouver un autre lieu.<br />
Et pourtant, la vue de cette terrasse est fantastique, au-dessus des toits de la ville, et vers 11h, soudain, tous les minarets se mettent à psalmodier, la ville n’est qu’un chant, une des mosquées émet un appel plus grave que tout ce que nous avions entendu, y compris au Yemen, toute la ville résonne au nom d’Allah.<br />
En discutant avec notre accompagnatrice palestinienne, Ashira, une fille énergique, débrouillarde, rieuse, qui a su embobiner la police au moment de l’incident d’hier, nous décidons d’aller rendre visite avec les Padox à deux familles palestiniennes expropriées par de colons, et qui depuis des mois vivent dehors, dans un camping de fortune, devant leur maison.<br />
Rencontre très émouvante, nous sommes reçus avec une joie immense. Tout cela se passe à Jérusalem Est, la ville palestinienne occupée depuis 67, ou la colonisation cherche à gagner du terrain.<br />
La 2e rencontre est impressionnante. Les Padox s’installent sous la tente qui sert de logement à la famille expulsée, et toute la population avoisinante nous rend visite. En face, la maison occupée : le garde du corps prend des photos, appelle la police qui arrive au bout de 3 minutes et fait demi-tour, un jeune colon, craignant qu’on lui abîme sa voiture, démarre en trombe pour aller se garer plus loin. Toute la communauté accourt, les enfants s’accrochent aux Padox, et quand nous regagnons le bus qui nous a amenés, une foule nous accompagne et les colons respirent.<br />
Dernière image insolite de la journée, à l’intérieur de la porte de Damas, on entend le dernier appel du Muezzin, et en même temps nous voyons une très grande quantité de juifs religieux, chapeaux noirs en fourrure, papillotes, vestes noires et bas noirs, qui se précipitent vers la Synagogue, comme s’ils répondaient à cet appel, car à la dernière prière musulmane correspond le début du Shabbat juif.</p>
<p><strong>Samedi 3 octobre 2009</strong><br />
Le but des sorties des Padox pour la journée, c’est le mur, ce serpent hideux qui coupe les familles, les champs, le pays, les villes et les villages. Nous visons le mur qui est près de l’université palestinienne et qui oblige les étudiants qui habitent dans les quartiers très proches à faire 30 kilomètres pour y accéder.<br />
Les Padox débarquent du bus, marchent vers le mur, l’examinent, le palpent, le mesurent, essaient de l’escalader, de le pousser, et finalement d’effondrent en pleurant à ses pieds. Les étudiants qui sortent de la faculté s’agglutinent, et les automobilistes, intrigués, passent, et repassent, heureux de voir cette scène, essayant de comprendre le message.<br />
Après un temps de repos,  c’est dans l’université que nous entrons, au milieu d’une foule de plus en plus dense d’étudiants :au début nous réussissons à faire un travail un peu organisé et esthétique, mais très vite nous sommes débordés par le nombre, l’enthousiasme, et surtout, hélas, le désir de se faire photographier avec les Padox.<br />
Nos stagiaires commencent à bien se débrouiller, à prendre leur autonomie dans les moments qu’on leur laisse libres, établissent le contact.<br />
Il paraît qu’à Jérusalem, la rumeur est bonne, on parle beaucoup de ces « aliens ». Je pense qu’il faudra  lundi retourner à la porte de Damas. Mais demain, la mission est importante, le Check Point de Kalendia et le camp de réfugiés qui est à proximité. Nos stagiaires sont ravis. Et Yasser, le jeune Rom de 11 ans qui joue avec nous, déploie une énergie merveilleuse. Ses cousines, 13 et 14 ans, font aussi de gros progrès, commencent à vivre de façon autonome dans leur personnage.<br />
L’aller et le retour en car est un moment joyeux, le chauffeur met une musique locale qui les entraîne à danser malgré la fatigue et la chaleur.</p>
<p><strong>Dimanche 4 octobre 2009</strong><br />
Est-ce à cause de la pleine lune ? Ce dimanche est la journée de toutes les déceptions.<br />
Déception, car dès le matin, la vieille ville est bouclée par la police et l’armée, les palestiniens ne peuvent pas entrer : c’est le lendemain de la fête juive des cabanes, Soukkoth (les familles construisent une cabane en souvenir de la traversée du désert), c’est un jour de fête, avec des palmes, et comme souvent un groupe de juifs orthodoxes est allé chanter et danser devant l’entrée de l’esplanade des mosquées. Les hélicoptères reprennent leur ronde dans le ciel, beaucoup de commerçants sont fermés, les bénévoles de Ici Même ne peuvent pas entrer dans la ville pour dire au revoir à l’équipe qui part. S’ajoute à cela une curieuse panne d’internet quoi empêche toute communication.<br />
Autre déception, plus amère : nous devions retrouver nos Padox pour aller au Check Point de Kalendia, sur la route de Ramallah,  et au camp de réfugiés qui est juste à côté. En arrivant à l’YMCA, notre lieu de répétition et de vestiaire, nous trouvons porte close, personne dans l’organisation n’avait songé que ce lieu était fermé le dimanche !Sans costumes, nous ne pouvons rien faire, nous sommes livrés à nous-même et nous embarquons l’équipe boire un pot dans un restaurant proche, pour faire passer la pilule.<br />
Nous profitons de ce moment de liberté pour discuter avec ceux qui sont restés avec nous, particulièrement avec l’un d’entre eux qui étudie à l’Université, et est actuellement plongé dans le théâtre occidental du XVIIe siècle. Et là, déception ultime et violente, il nous montre son portable, sur lequel est gravé « Hitler », et nous dit en être « fan ». Nous sommes effondrés. Oui, bien sur, il faut comprendre que ce peuple est anéanti, bafoué, spolié, méprisé, et qu’il a besoin de trouver des voies de résistance.<br />
Le nazisme qui fait aussi des adeptes dans la communauté juive d’origine russe, des jeunes qui n’ont pas connu la shoah et qui sont attirés par les méthodes radicales et inhumaines.<br />
Quelle journée.<br />
Promis, demain nous réaliserons le programme prévu aujourd’hui. La lune sera décroissante.</p>
<p><strong>Lundi 5 octobre 2009</strong><br />
Nous sommes dans un pays où il est aventureux de faire des prévisions. Ou plus exactement, il faut s’adapter, et transformer l’événement en décision. Aujourd’hui, la fête juive continue, Soukkoth se prolonge, 2 jours chômés, 7 jours de fête,au point qu’à nouveau, la vieille ville est bouclée, l’esplanade des mosquées est interdite, des hordes de juifs religieux convergent, tandis que les Arabes sont bloqués aux portes. Et naturellement, cette situation engendre des affrontements.<br />
Ainsi, après une visite au centre culturel Gypsy, nous partons vers le Check Point de Kalendia, et en route nous apprenons qu’il y a de la bagarre et des tirs de l’autre côté du check point, et aussi près des mosquées. Nous approchons du Check point, les voitures sont détournées, j’essaie se demander à un militaire si nous pouvons passer, il refuse de répondre. Certains de nos Padox n’ont pas leurs papiers d’identité (les mineurs ne peuvent passer qu’avec leurs parents), la rumeur des bagarres se confirme, donc demi-tour en route vers Jérusalem, rue Salah Ed Dhin, puisque la vieille ville nous est interdite, et que jouer devant le Check point serait dangereux : ce n’est pas la police, mais aujourd’hui l’armée qui garde le passage, et nos amis palestiniens précisent que les militaires ne discutent pas et tirent facilement..<br />
La tension est extrême, et même si le public s’agglutine autour des Padox, nous sentons une grande nervosité. Les enfants braillent, les parents d’énervent, nous injurient, un père monte dans le bus, où un de nos stagiaires se reposait, s’empare de la tête de la marionnette et la roue de coups.<br />
Les Padox vont à la poste, font la queue aux guichets, et là, incident : sans doute nous prend-on pour des Israéliens, un arabe fou furieux essaie d’arracher la tête d’un Padox, Jeanne s’interpose, il l’agresse violemment, nous devons battre en retraite. Il est certain que dans ce genre de situation et de tension, un service d’ordre serait utile, ainsi que des distributeurs de tracts pour expliciter notre présence et éviter les malentendus.<br />
Mais le Festival a trop peu de moyens, a du mal a gérer l’ensemble et le Directeur, François Abou Salem, est totalement absent, en peine création de son Ubu pour le festival israélien de Acco (Saint Jean d’Acre).<br />
Cette journée nous a permis de vivre le quotidien des palestiniens, en buttes à ces brimades perpétuelles qui font monter la tension et expliquent la violence de certains. La gentillesse des Padox, leur envie de fraternité et de tendresse, atteint ses limites. Nous avons du mal a exiger que nos stagiaires gardent la douceur du personnage.<br />
<strong><br />
mardi 6 octobre 2009</strong><br />
Cette tension va durer toute la semaine, puisque la fête religieuse a cette durée. Donc ce matin, ville bouclée, hélico, et coup de fil de la directrice du festival de Acco ou nous devons jouer a partir de demain : le chauffeur refuse de venir chercher nos colis dans Jérusalem Est ! La peur, la haine, la tension règnent des deux côtés. Le chauffeur craint de s’aventurer à l’Est, craignant les représailles, il faut donc trouver un transporteur local, palestinien, qui nous conduise avec nos 400 kgs à la porte de Jérusalem Est, dans le quartier Israélien.<br />
Hier les religieux ont prié pour la pluie. Eh bien il pleut !<br />
Finalement le chauffeur d’Acco arrive, avec un véhicule trop petit, qui nous oblige a vider les malles et à tout mettre en vrac. Et quand il s’agit d’aller vers la Vieille ville pour récupérer nos bagages, impossible, tout est fermé. Donc nous devons y aller à pied, au retour, le Directeur du centre Culturel français de l’Ouest, Olivier Debray, nous aide en transportant les bagages dans sa voiture jusqu’au barrage. Il nous a promis de parler de nos problèmes à son collègue du CCC de Jérusalem Est qui est  le partenaire du festival.<br />
Bref, 3 heures plus tard, nous pouvons partir, et l’arrivée à Acco se fait sous un orage et une pluie tellement forte que les rues sont réellement inondées. Le festival est désorganisé par la pluie, nous nous installons dans ce qui tient lieu de chambres, deux lits de camp et rien d’autre, un repas succinct pris en 10 minutes car la cantine ferme à 9h, ce n’est pas glorieux.</p>
<p><strong>Mercredi 7 octobre 2009 </strong><br />
Journée Marathon, nous avons quelques heures seulement pour former nos Padox, et nous sommes programmés à 18h30 … Eh oui, de nouveaux stagiaires, car ce festival israélien n’a pas voulu accueillir nos stagiaires palestiniens ! Avec des stagiaires habiles, cela serait une gageure, mais nos stagiaires, nous le découvrons très vite, sont des jeunes en difficulté, bruyants, agités, et dont la faculté de concentration est limitée. Les débuts sont délicats, mais la démonstration de David et Félicien, puis l’essai des costumes provoquent un intérêt qui étonne l’éducateur, et l’équipe, toujours assez remuante, fait très vite des progrès au point que nous pouvons faire une sortie d’essai à 17 h au soleil couchant sur la plage .Le caractère contemplatif et poétique des Padox opère, l’éducateur découvre les vertus de la marionnette habitable, et nous dit son enthousiasme pour cette expérience.<br />
Ce festival d’Acco est une très grosse manifestation, difficile d’échapper au côté Disneyland au milieu d’une foule compacte, mais nos jeunes se comportent formidablement bien, perdent leur agressivité.<br />
À suivre demain, avant le retour à Jérusalem et Ramallah.<br />
Les nouvelles de Jérusalem sont très mauvaises, un dirigeant islamiste a été arrêté, l’ambiance est déplorable.</p>
<p><strong>Jeudi 8 octobre 2009</strong><br />
Deuxième et dernière journée à Acco, cette ville historiquement intéressante, place forte des croisés au XIè et XIIè siècle, lieu d’une défaite de Bonaparte contre les Turcs. Les traces des différentes occupations sont belles, particulièrement dans la Citadelle aménagée en lieu de spectacle pour les spectacles en salle.<br />
Nos stagiaires sont moins nombreux aujourd’hui, les pères ont interdit a 5 d’entre eux de revenir. Mais un travail de répétition avant de jouer avec l’équipe réduite permet d’améliorer la qualité. La foule est toujours aussi dense, les jeunes stagiaires jouent bien le jeu, les Padox emportent l’adhésion et l’affection du public. L’expérience se révèle vraiment bien venue, l’éducateur nous redit son plaisir, et pense que, pour le groupe, cette aventure sera le début de quelque chose. Il est très ému en nous quittant, et nous promet de nous écrire, lui et les jeunes, pour qu’on garde le contact.<br />
Demain, retour à Jérusalem.</p>
<p><strong>Vendredi 9 septembre 2009 </strong><br />
Nous étions heureux de ce séjour au festival d’Acco, malgré un hébergement plus que limite et une cantine à l’avenant. Mais le comble fut la dernière nuit. Vers 1h du matin une sorte de garde-chiourme entrait dans nos chambres en nous disant « C’est terminé, vous n’avez plus rien à faire ici » Et a coupé l’électricité. Il a fallu parlementer, et ils ont commencé à démonter les installations électriques, pendant 2 ou 3 heures. Et quand j’ai signalé que nous voulions dormir, on nous a répondu « Nous, on travaille ». Nuit pénible, nulle, pas de petit déjeuner, départ en bus avec l’équipe française des « Souffleurs », qui, eux, étant autonomes, ont fait un admirable travail dans la vieille ville d’Acco, soufflant des poèmes en arabe.<br />
La situation empire à Jérusalem où nous sommes revenus. Alerte maximum dans l’armée israélienne, tirs dans la vieille ville sur la Via Dolorosa. Pas de solution, Barack Obama renonce à œuvrer à une solution pacifique devant l’attitude des deux parties en présence, quand cela finira-t-il ? la crise est de plus en plus grave, nous la vivons de près, impuissants et désespérés. La grève générale a été décrétée pour cette journée de vendredi, et effectivement nous n’avions jamais vu les rues aussi vides, commerces fermés, passants rares à 5h du soir. Les militaires sont plus nombreux que d’habitude aux portes, on entend des bruits inquiétants de manifestation, de coups de feu ou bien de pétards pour un mariage, on ne sait plus très bien.<br />
Patrick Girard, le Directeur du CCF de Jérusalem Est, voulait réunir les troupes présentes dans ses locaux. Mais il est obligé de respecter la grève, sous la menace, il organise donc un pot au Consulat, hors du quartier palestinien. Il garde un moral étonnant malgré la situation, déplore de ne pas pouvoir suivre le travail des Compagnies, très pris par ses occupations. Et puis Bernard Kouchner doit venir en Israël, l’Ambassade est mobilisée.<br />
Nous passons un bon moment à envisager l’action de Ramallah pour demain, en nombre réduit de stagiaires, pour une parade menée par le Bread and Puppet. Nous irons assez tôt faire le repérage.<br />
Les rares commerçants ouverts dans la vieille Ville en oublient de vendre leur marchandise, tellement émus par la situation qu’ils commentent largement.<br />
Pour terminer la journée, je note cette belle réflexion d’un des deux frères qui tiennent le café Versave tout près de la porte de Jaffa et où avec Ici Même nous avons nos habitudes : « Ici, ce sont nos murs, nous les aimons  et ils nous aiment »..En disant cela, il tenait le mur superbe du passage dans lequel son café est installé.</p>
<p><strong>Samedi 10 octobre 2009</strong><br />
Avant d’aller à Ramallah, et de rentrer demain en France, un petit tour au Saint Sépulcre, loin des foules, dans le petit couvent copte sur les terrasses, ou quelques moines égrènent leurs prières en silence, un lieu de calme au milieu de la rumeur des touristes qui piaillent devant et dans l’église, et qui voient les lieux saints au travers de leur caméra.<br />
Ramallah, la capitale de l’autorité palestinienne. Le festival, pour sa clôture, avait organisé une parade mise en forme par le Bread and Puppet (mais Peter Schumann n’était pas là, dommage, j’aurais aimé le revoir après tant d’années).Nous avions prévu de faire apparaître les Padox juste après la parade, pour ne pas mélanger les genres. Notre sortie a quasiment provoqué une émeute, un monde fou se pressait autour des Padox, qu’on a réussi à percher un moment sur les lions de la place. Ensuite, je souhaitais travailler au large, sur la place, mais la police est intervenue tout de suite, pour nous envoyer sur les trottoirs noirs de monde. Jamais nous n’avions connu un bain de foule aussi chaleureux, coloré, bruyant, sympathique mais empêchant tout travail collectif.<br />
Ensuite nous retrouvons les acteurs de la parade, fraternisation avec les Padox.<br />
Au moment où nous allions rentrer à Jérusalem, les Souffleurs sont arrivés et ont « soufflé » pour nous et les stagiaires du Bread and Puppet. Ils sont vêtus de noir, parapluie et éventail noir, munis d’un long tube noir également pour chuchoter à l’oreille des passants. Et tout d’un coup, miracle, la poésie, la douceur, le silence, l’intériorité se sont installés. Olivier Comte m’a soufflé dans l’oreille un superbe poème évoquant le voyage intérieur, et l’a terminé en arabe, j’ai senti une véritable transfusion poétique. Enfin, Olivier a soufflé un texte à une des nombreuses images de Mahmoud Darwich que Ernest Pignon a déposé sur les murs de Ramallah, et ensuite, il a écouté au bout de son long tuyau de souffleur les paroles du poète, mort il y a un peu plus d’un an.<br />
Cette Compagnie des Soufleurs fait un travail extraordinaire de beauté, de sens profond, avec ses commandos poétiques qu’ils jouent dans les territoires palestiniens.<br />
Le retour de Ramallah a été agité, pour y entrer, tout va toujours très bien, pour en sortir, il faut passer le Check Point, notre bus a été arrêté, garé sur le côté, tout le monde a dû descendre, examen des papiers par un militaire zélé entouré de policiers plus détendus, et dans le groupe, une jeune Rom de 14 ans, Leïla, qui ne pouvait pas avoir de papiers puisqu’elle est mineure. Ils l’ont emmenée au poste, interdiction de l’accompagner, elle est revenue 10 minutes plus tard, en larmes, mais ils nous ont laissés enfin partir.<br />
Voilà les tracasseries coutumières qui contribuent à horripiler la population palestinienne. Le couvercle de la marmite ne va pas tarder à sauter. L’exaspération est à son comble.<br />
Pour sortir, nous avons dû éviter le Check Point de Kalendia, des jeunes palestiniens lançaient des pierres, un peu plus loin des pneus brûlaient, et nous avons pu voir les restes de la bagarre de vendredi.<br />
Ce soir Jérusalem a retrouvé son calme, mais les commerçants ont fermé de bonne heure. Le Son et Lumière dans la Tour de David tourne en boucle pour les touristes, les commerçants bradent les prix.<br />
Et pendant ce temps le prix Nobel de la Paix est attribué à Barack Obama au moment où il annonce qu’il renonce à s’attaquer au problème israélo-palestinien.</p>
<p style="text-align: right;"><strong><br />
Dominique Houdart</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/10/26/padox-a-jerusalem-festival-palestinien-%c2%ab-jerusalem-dans-tous-ses-etats-%c2%bb/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Jérusalem : journal de bord</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/09/14/jerusalem-journal-de-bord/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/09/14/jerusalem-journal-de-bord/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Sep 2009 08:19:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Houdart</dc:creator>
				<category><![CDATA[Spectacle vivant]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/?p=95</guid>
		<description><![CDATA[Jérusalem, mercredi 24 juin 2009
Début d’un voyage de repérage : nous préparons notre venue avec les Padox en septembre octobre prochain au Festival « Jérusalem dans tous ses états » organisé par François Abou Salem , le Théâtre El Akawati, et particulièrement Olivia Magnan, qui depuis le début a pris en charge tous les contacts, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jérusalem, mercredi 24 juin 2009</strong><br />
Début d’un voyage de repérage : nous préparons notre venue avec les Padox en septembre octobre prochain au Festival « Jérusalem dans tous ses états » organisé par François Abou Salem , le Théâtre El Akawati, et particulièrement Olivia Magnan, qui depuis le début a pris en charge tous les contacts, la production, et qui nous servira de guide précieux avec son collègue Shadi pendant tout le séjour.<br />
L’immersion est immédiate, dès Roissy : la sécurité pour Israël et pour les USA est extrême, fouille bien sur, mais aussi détecteur d’explosif sur les mains. Et encore, nous voyageons par Air France. Ce serait pire par El AL.<br />
L’arrivée à Tel-Aviv est plus calme, nous retrouvons Olivia. Mais dès notre arrivée nous apprenons que notre passage à Gaza, organisé à la demande  du  directeur du CCF, n’aura pas lieu. Nous devions y animer un atelier marionnette. Mais cela n’intéresse pas les Israéliens, ils accordent les autorisations aux délégations politiques ou diplomatiques, aux vedettes genre Carole Bouquet. Mais ils nous ont refusé l’autorisation d’entrer… Alors nous allons à Ramallah rencontrer François Abou Salem qui répète un opéra pour la fondation Barenboïm.<br />
Passage au Check Point, on longe le mur, l’ami palestinien qui nous conduit raconte l’absurde de la situation, par exemple un membre de sa famille qui a son appartement coupé en deux.<br />
Ramallah est calme, mais dans la conversation nous percevons tout de suite la tension qui règne, l’humiliation permanente, pour un peuple qui ne voit pas d’issue.<br />
La colonisation continue de plus belle, les Israéliens construisent même un tramway qui longe les murs de la vieille ville, quelle horreur, pour aller du centre de Jérusalem vers les nouvelles colonies proches de Ramallah, comme si cette situation était irréversible, ou plus exactement, pour la rendre irréversible.</p>
<p><strong>Jeudi 25 juin 2009 </strong><br />
Ce repérage se révèle très riche, instructif, et se transforme en un beau projet. La rencontre avec Gaétan Pellan, Directeur du CCF de Gaza, et Patrick Richard, Attaché Culturel et directeur du CCF de Jérusalem est un moment fructueux et chaleureux. Dommage, Gaétan termine ses trois ans à Gaza, on le retrouvera à Oran…<br />
Ils ont un courage énorme face aux tracasseries de tous ordres. À Gaza, Gaétan n’annonce plus rien, il attend que les artistes soient certains de passer la frontière, donc le dernier moment, pour annoncer leur présence par SMS a son public.<br />
Ensuite, nous explorons la vieille ville avec Olivia et Shadi. Visite d’un ancien Hammam souterrain, superbe, avec ses fontaines, ses bassins, ses salles de repos, dont j’aimerais faire le lieu d’une sorte d&#8217;exposition vivante, d’installation de Padox. Mais ce Hammam est proche de l’esplanade des mosquées, et , en surface, un colon s’est saisi d’une maison, a installé des barbelés et un drapeau israélien, et commence à creuser. C’est la bataille du ciment. S’il réussit à s’infiltrer, il occupera le Hammam, et les palestiniens qui ont transformé ce lieu en centre culturel, n’auront aucun recours juridique. La démocratie est bafouée, la justice inexistante.<br />
Même chose un peu plus loin, à Silwan, le Siloé de la Bible, ou, toujours en sous-sol, les Israéliens ont découvert les traces de la ville antique du roi David. Alors ils creusent, ils creusent, au mépris de toutes les règles archéologiques, négligeant et supprimant les couches supérieures, et le terrain de Siloé devient un vrai gruyère : déjà deux écoles se sont effondrées, écoles palestiniennes cela va sans dire. La vallée est truffée de caméras de surveillance. Alors, avec les Padox, nous irons, avec le concours d’association palestinienne de défense, nous irons braver les colons qui armés jusqu’aux dents, gardent le musée du Roi David. Nous prévoyons une manifestation de Padox pacifiste : les Padox se coucheront, colleront l’oreille au sol pour écouter la rumeur du sous-sol et l’avancée des taupes.<br />
Et puis voici le mur, le fameux mur de la honte, qui coupe les routes, sépare les voisins, coupe la ville de l’université islamiste, oblige les étudiants qui habitent à côté à faire plusieurs kilomètres et à patienter au check point.<br />
Avec les Padox, nous essaierons 10 façons de tenter de franchir le mur, avant de sortir les mouchoirs. Le Mur des Larmes, contrepoint du mur des lamentations.</p>
<p><strong>Vendredi 26 juin 2009</strong><br />
Outre le Festival « Jérusalem dans tous ses états », nous devrions participer au Festival de Saint Jean d’Acre, Akko en hébreu, qui aura lieu au même moment. Nous profitons de notre présence à Jérusalem pour faire également un repérage à Akko, après une longue route en voiture de 3 heures, pour aller au nord d’Israël, près de la frontière du Liban. Ce sera un festival de rue traditionnel, le plus important de cette région, qui regroupe 200.000 spectateurs et des troupes de tous les coins du monde. Rencontre chaleureuse avec la responsable de la partie « rue » de ce festival théâtral, Sigalit, et nous en profitons pour visiter cette cité superbe, la ville forte des croisés, construite au Xe siècle, rebâtie par Saladin, lieu d’une défaite de Bonaparte. Les murailles des croisées, leur souterrain, sont les principaux lieux de visite. Mais tous les musées sont fermés, c’est vendredi, le shabbat commence vendredi après midi et tout est fermé jusqu’à samedi soir.<br />
La traversée de la campagne et des villes israéliennes, Tel-Aviv, Haïfa, Netanya, fait apparaître la différence incroyable, le fossé entre les territoires palestiniens et le niveau de vie israélien.<br />
Retour à Jérusalem, plongée en soirée dans la vieille ville, où les juifs orthodoxes chantent avec ostentation et provocation devant les marchands palestiniens des souks qui ferment boutique, ramassent les poubelles et chargent les marchandises. Un énorme rassemblement d’hommes coiffés de noir, bouclettes et barbes frisées, à la porte de Jaffa, a des allures assez effrayantes.<br />
Plus que jamais le monothéisme apparaît comme un terrain d’affrontement et de violence, comparé au polythéisme grec, mésopotamien ou égyptien, image de tolérance, d’intégration des dieux de l’autre, d’accueil de l’étranger. La violence et le sacré.<br />
En route vers Akko, nous longeons le mur de Ramallah.  Image paradoxale de la terre sainte !</p>
<p><strong>Samedi 27 juin 2009</strong><br />
Le repérage continue, à la recherche de bons lieux de jeu pour les Padox.Il y a, bien entendu, les deux gares routières palestiniennes, dont les bus mènent l’une vers le nord, la Galilée, l’autre vers l’Est, et entre autres Bethléem. Ce sont des lieux de vie, des marchés, a deux pas de la porte de Damas.<br />
On voit aussi la rue Salah El Din (Saladin), principale artère de Jérusalem Est, avec de bons lieux de jeu particulièrement à la porte d’Hérode, entrée de la vieille Ville, devant la police et la poste. Dans cette même rue, le Centre Culturel Français servira de vestiaire, et aussi de lieu de jeu avec son jardin et ses grilles.<br />
Le Check Point pour aller à Ramallah est aussi un lieu important, il pourrait être intéressant, sans narguer les soldats israéliens, de se présenter avec des papiers de Padoxie et d’essayer de passer, de rendre dérisoire cette « vrai fausse frontière », tracasserie quotidienne pour de nombreux palestiniens.<br />
Nous visitons l’YMCA, lieu de stage, de formation, où nous ferons le stage Padox les 3 premiers jours, avant de déménager souvent de lieu en lieu.<br />
Olivia nous fait visiter une banlieue de Jérusalem, entièrement palestinienne. Quel scandale de saleté de mauvais entretien des routes, quel contraste avec Jérusalem Ouest. La municipalité ne ramasse pas les poubelles, et les palestiniens sont obligés, pour les évacuer, de mettre le feu. Pollution assurée. Et les plastiques s’envolent. Nous envisageons une opération propreté dans un champ transformé en déport d’ordure. Ce faubourg, c’est Beth Hanina.<br />
À côté, autre banlieue, Shu’afat, est traversée par le tramway qui conduira les colons dans la colonie toute proche, ce tramway est en travaux…Les Padox y interviendront pour « faire avancer les travaux » à leur façon.<br />
C’est là que nous visitons le Centre de rencontre des Roms : cette communauté est là depuis très longtemps, mais vit difficilement, et l’animatrice du centre, une femme débordante d’activité, dirige des ateliers de couture, de cuisine, de bijoux, vend les résultats des travaux, et nous assure une participation de stagiaires Roms, exclus parmi les exclus.<br />
Enfin, dernière rencontre de la journée, Amal, une belle femme Palestinienne aux cheveux gris, musicienne, très impliquée dans la vie associative, qui nous conduit dans un dédale de ruelles de la vieille ville dans un lieu contre les remparts ou les palestiniens animent un club de jeunes, sport et culture, toute l’année. Là encore, nous aurons des stagiaires Padox. Chaque fois il faut expliquer le projet, et le DVD que nous avons emporté aide à convaincre nos interlocuteurs.<br />
<strong><br />
Dimanche 28 juin 2009</strong><br />
Aujourd’hui, pas de rendez vous organisés par l’équipe du festival, nous en profitons pour sillonner la vieille ville, visiter le Saint Sépulcre et le couvent Copte mitoyen, souvenir de notre passage à Jérusalem il y a 20 ans dans un festival de marionnette israélien au cours duquel nous avions invité notre ami François Abou Salem, qui dirigeait déjà le théâtre palestinien El Hakawati Cela nous avait valu un véritable boycott des organisateurs et artistes israéliens… C’était au début de la première Intifada.<br />
L’expression de Jeanne au Saint Sépulcre est juste : c’est la tour de Babel, le lieu est partagé entre les orthodoxes grecs, les Arméniens, les franciscains catholiques et les coptes, avec , paraît-il, des batailles de territoire mémorables.Les pèlerins chantent , une messe orthodoxe se dit dans le chœur, une messe arménienne dans une chapelle adjacente, avec un jeu de main superbe du prêtre qui les agite en papillons au moment de la consécration, des fidèles philippins en groupe, avec leurs foulards jaunes, tombent en pamoison sur la pierre de l’onction, il n’y a personne dans la chapelle souterraine construite par les croisés,et l’arrière du chœur est plein de grandes échelles en bois , pour sans doute décrocher je ne sais quels larrons au milieu des croix portées par des pèlerins  qui arrivent régulièrement après avoir suivi le chemin de la Via Dolorosa.<br />
Les coptes ne chantent pas, dommage, il y a 20 ans un vieux jésuite pendant notre tournée en Egypte m’avait expliqué que la musique des coptes était directement issue de la musique des pharaons.<br />
Déjeuner avec François qui nous raconte son opéra avec la fondation de Barenboïm à Ramallah, et aussi son adaptation d’Ubu, très intéressante, dans le décor d’une boucherie des souks, le père Ubu, la mère Ubu et le fils manipulant de la viande tout en fomentant leurs crimes et le renversement du roi de Pologne, une transposition très forte que nous verrons en septembre à Saint Jean d’Acre.<br />
L’après-midi, dans les souks, un jeune marchand bavarde avec nous, et apprenant notre projet de septembre, se met à nous parler tout bas, me demande naïvement si nous sommes pour les palestiniens, et, heureux de notre engagement auprès de ce Festival, m’offre un Keffieh noir et blanc, me le met sur la tête, et nous continuons notre visite.<br />
Un peu plus loin un bijoutier nous interpelle, ce signe du keffieh lui donne envie de parler, et il nous invite à boire le thé dans sa boutique, à l’abri des micros israéliens dont la vieille ville est truffée, et nous présente un de ses amis, un diplomate Slovène. Nous sentons dans tous ces contacts une chaleur, une qualité d’accueil, rares. François nous dit qu’il a parlé des Padox aux jeunes de son atelier qu’il a animé ce matin dans la Vieille Ville, et la simple évocation du travail avec les Padox dans les rues de Jérusalem fait briller les yeux.</p>
<p><strong>Lundi 29 juin 2009</strong><br />
Jérusalem est une ville terriblement attachante, et le fait de savoir qu’on revient en septembre est une très belle perspective. La dernière journée est consacrée a une série de prises de contact, avec la directrice du centre où nous travaillerons, avec un club pour jeunes palestiniens, un autre, près de la porte de Lions, et surtout une exploration sérieuse du Check Point de la route vers Ramallah. Nous l’avions passé en voiture le premier soir, mais cette fois nous le passons à pied. Vers Ramallah, on entre sans problème. Pour sortir et aller à Jérusalem, il faut montrer patte blanche. Au milieu de l’après-midi, on attend un peu, mais on imagine les passages des travailleurs le matin, les longues files, des tourniquets, des barreaux, des barbelés, une ambiance de prison, des machines pour scruter les documents, pour scruter les physionomies, une violence dans la relation du supérieur à l’opprimé. Rien que là, on comprend la révolte, les pierres, la tension permanente.<br />
Alors, décision, nous irons en Padox passer le Check-Point.<br />
Un tour à la porte de Jaffa, lieu superbe et espace de jeu privilégié pour nos Padox, ou nous toucherons tout le monde, Israéliens, palestiniens et touristes.<br />
Notre repérage se termine, nous rentrons avec des images plein les yeux, des idées plein la tête et le sentiment que nous pourrons faire œuvre utile, et donner du sens à notre travail, ce qui est finalement l’essentiel.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Dominique Houdart</strong></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/09/14/jerusalem-journal-de-bord/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Avignon, 26/29 Juillet 2009 : Bloc notes express et coups de cœur.</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/08/24/avignon-2629-juillet-2009-bloc-notes-express-et-coups-de-coeur/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/08/24/avignon-2629-juillet-2009-bloc-notes-express-et-coups-de-coeur/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2009 15:43:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Probst</dc:creator>
				<category><![CDATA[Spectacle vivant]]></category>
		<category><![CDATA[Avignon]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/?p=86</guid>
		<description><![CDATA[Venu en Avignon pour soutenir les deux derniers programmes des « Sujets à vifs » élaborés conjointement par la SACD et le festival et présentés dans le Jardin de la vierge du Lycée Saint Joseph, j’ai eu le plaisir d’applaudir entre autres la remarquable trapéziste suisse Melissa Von Vépy dans Miroir, Miroir (portée par une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Venu en Avignon pour soutenir les deux derniers programmes des « <strong>Sujets à vifs</strong> » élaborés conjointement par la SACD et le festival et présentés dans le Jardin de la vierge du Lycée Saint Joseph, j’ai eu le plaisir d’applaudir entre autres la remarquable trapéziste suisse Melissa Von Vépy dans <strong>Miroir, Miroir</strong> (portée par une belle composition musicale live du pianiste Stéphan Oliva) ainsi que la comédienne Dominique Reymond, excellente elle aussi, dans <strong>Trois quartiers</strong>. Voici maintenant quelques impressions des autres spectacles qu’il m’a été donné de voir dans le In .Et puisque notre cher Beaumarchais a dit un jour « sans la liberté de blâmer il n’est point d’éloge flatteur », je vous parlerai donc sans détours :</p>
<p><span id="more-86"></span></p>
<ul>
<li><strong>Radio Muezzin</strong>, au Cloître des Carmes, est un « théâtre documentaire » dans lequel quatre  hommes de prière musulmans originaires du Caire et un technicien se racontent (en arabe avec surtitrages français, anglais) sur fond de vidéos, l’un d’eux se permettant à un moment de roter très fort dans son micro le soir où j’y étais. Pour être  franc je m’attendais à mieux côté vocal (!), particulièrement en écoutant le prologue a cappella du spectacle si l’on songe d’ordinaire à la beauté de ces chants &#8211; diffusés communément aujourd’hui par les haut-parleurs des mosquées &#8211; et l’on est en droit de s’interroger sur le pourquoi d’un tel projet ne comprenant ni auteur(s), ni artiste(s) interprète(s) professionnel(s) .A quand les prêtres, pasteurs, rabbins, popes, moines bouddhistes … ou  bien carrément le boucher du coin nous expliquant son quotidien ?</li>
<li>Oublions <strong>Loin</strong>, Salle Benoît XII, conçu et interprété par le « danseur vidéaste » Rachid Ouramdane qui, sur le thème de la mémoire, nous inflige un solo de 55 minutes aussi prétentieux que rébarbatif.</li>
<li>Avec <strong>Angelo tyran de Padoue</strong> à l’Opéra Théâtre nous assistons en revanche à un vrai grand spectacle dans une mise en scène ultra branchée, certes, de Christophe Honoré mais qui dirige avec talent ses acteurs : Clothilde Hesme, Marcial di Fonzo Bo et Emmanuelle Devos épatants, tout comme le reste de la troupe. La scénographie de Samuel Deshors toute en structures d’acier est superbe de même que la lumière cinématographique de Rémy Chevrin. Dans cette transposition moderne, Victor Hugo fait mouche une fois de plus et l’on s’amuse beaucoup à ce mélo très réussi malgré un petit quart d’heure de trop et une vidéo finale un peu complaisante.</li>
<li>Si vous êtes plutôt « fête de la bière », alors direction la Cour d’Honneur du Palais des Papes &#8211; un’fois! &#8211; avec <strong>Casimir et Caroline</strong> d’Odön von Horvath monté par Johan Simons et Paul Koek. Le texte de la pièce est ici traduit de l’allemand en néerlandais pour être finalement joué phonétiquement en français par des acteurs méritants qui passent leur temps à courir sur le plateau, à crier et à grimper sur un immense échafaudage pendant 2h20 minutes interminables tandis que quatre musiciens nous gratifient d’une sérénade non-stop,  genre ambiance sonore de prisunic ou d’ascenseur.</li>
<li>Enfin, au Parc des expositions de Châteaublanc :<strong> Ciels</strong> du franco-libanais Wajdi Mouawad, artiste invité du Festival. Là, au milieu d’une  boîte  blanche rectangulaire comprenant plusieurs aires de jeu, nous sommes témoins des mésaventures d’une cellule anti-terroristes en pleine crise. On se croirait dans une BD façon Da Vinci code ou 24 heures chrono ! Stanislas Nordey &#8211; quasi christique &#8211; fait un  carton  entouré par une distribution malheureusement inégale, le tout est assez naïf dans un contexte qui serait pourtant plutôt « prise de tête » mais l’on ne s’ennuie pas (bien que très mal assis sur de petits tabourets pivotants) et le public ravi fait  une standing ovation.</li>
</ul>
<p>Le bonheur existe aussi dans le Off  ainsi qu’en témoignent les coups de cœur que j’aimerais maintenant vous faire partager :</p>
<ul>
<li>Le premier, intitulé <strong>Les Déplaçés</strong> au Théâtre du Bourg-Neuf, est un superbe texte de Xavier Durringer qui dénonce la situation des français d’origine étrangère de la 1ère, 2ème et 3ème génération. Construit sous la forme d’un grand poème lyrique allant irrémédiablement crescendo, il évoque les problèmes d’intégration ou plutôt de non intégration : « Un arbre sans racines ne peut pas donner de fruits » clame ici l’auteur  d’une manière véhémente. Très intelligemment mis en scène, avec sensibilité mais sans sensiblerie aucune, par Didier Delcroix et joué avec ferveur par trois jeunes comédiens habités (Mohamed Mazari, Yoann Josefsberg et Cléa Petrolesi, lumineuse), ce spectacle mériterait à coup sûr de poursuivre le beau chemin qu’il vient tout juste d’entamer.</li>
<li>Le second, <strong>Motobécane </strong>au Théâtre du Petit Chien, est écrit et interprété par Bernard Crombey d’après l’œuvre de Paul Savatier intitulée <em>Le ravisseur</em> .Immense acteur, Crombey nous conte en patois picard l’histoire d’« el tiot Victor » (inspirée d’un fait divers) qui, sur sa mobylette bleue, croise un jour la route d’une fillette de huit ans  faisant l’école buissonnière et ne voulant pas rentrer chez elle où sa mère la bat. Cette rencontre finira par le conduire en prison où il n’aura cesse de clamer son innocence et « d’écrire à haute voix » sa vérité. A la fois drôle, tendre et bouleversant, ce spectacle a fait un triomphe en Avignon. Il est actuellement repris pour une série de représentations à Paris au Théâtre du Lucernaire. Un conseil : courez-y  vite!<br />
Les aficionados de comédies musicales ont pu découvrir également <strong>Bonnie &amp; Clyde</strong> de Raphaël Bancou au Théâtre des Béliers, sympathique divertissement qui a reçu le soutien de notre Fonds de Création Lyrique mais qui mériterait toutefois quelques petits aménagements avant sa reprise parisienne prévue, cette saison, à l’Alhambra du 22 décembre 2009 au 17 janvier 2010.</li>
</ul>
<p>Mon regret -  lié à des horaires ou dates incompatibles &#8211; sera d’avoir manqué notamment :</p>
<p><strong>La disgrâce de Jean-Sébastien Bach</strong> de Sophie Deschamps et Jean-François Robin au Théâtre du Balcon et <strong>Le mot progrès dans la bouche de ma mère sonnait terriblement faux</strong> de Mateï Visniec au Théâtre des Halles mais on ne peut, hélas, pas tout voir tant les spectacles sont nombreux…Près de 1000 cette année rien que dans le Off !</p>
<p>Pour l’heure, et en attendant le cru 2010, je vous souhaite une très bonne rentrée.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/08/24/avignon-2629-juillet-2009-bloc-notes-express-et-coups-de-coeur/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Aux non Parisiens</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/06/03/aux-non-parisiens/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/06/03/aux-non-parisiens/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Jun 2009 10:06:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Larriaga</dc:creator>
				<category><![CDATA[Radio]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/06/03/aux-non-parisiens/</guid>
		<description><![CDATA[Je pense à vous chers auteurs privés par l’éloignement de Maison des Auteurs et de Cinéma des Cinéastes dont nous sommes nous autres parisiens, usagers, familiers, comblés à longueur d’année.
Ainsi chaque fois que j’organise une soirée d’écoute Radio et que je me replonge dans notre liste des auteurs (tenue à jour par Julie Parrens) je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je pense à vous chers auteurs privés par l’éloignement de Maison des Auteurs et de Cinéma des Cinéastes dont nous sommes nous autres parisiens, usagers, familiers, comblés à longueur d’année.<br />
Ainsi chaque fois que j’organise une soirée d’écoute Radio et que je me replonge dans notre liste des auteurs (tenue à jour par Julie Parrens) je ne regarde plus au vu des colonnes d’adresses que ceux qui ne pourront pas venir.<br />
Les trop loin…<br />
Alors ce blog est pour vous.<br />
Bien sûr je ne peux ici vous raconter de A jusqu’à Z (traduisez de 19h30 à 22h30) nos conviviales soirées radiophoniques au bar accueillant mais je peux vous confier que vous aussi y passeriez un agréable moment. Sans doute avez- vous d’excellentes raisons de demeurer de l’autre côté du périphérique. Par exemple d’y être nés. Et vous avez d’autres loisirs enviables que de venir découvrir un film coup de cœur en avant-première ou un téléfilm inédit, écouter des fictions radio, assister à des lectures de pièces, que sais-je, chaque soir il y a invitation à la curiosité. Et bien trêve d’éventuelles frustrations à rater ces sorties, je pense à vous.<br />
Vous nous manquez.<span id="more-85"></span><br />
Oh peut-être que parisiens vous n’accourriez pas chaque soir au moindre carton d’invitation, il y tant d’autres offres… mais tout de même, on parviendrait à se croiser, se reconnaître, se parler.<br />
Car la Maison des Auteurs est une belle idée de notre société. Un espace de travail, de liens professionnels, dans la simplicité et la tranquillité. Une ruche sur laquelle veillent autour de Mireille Jacques des personnes efficaces et dévouées. Bref, une adresse.<br />
Pour en revenir à la Radio qui m’occupe et sans du tout vouloir exciter vos regrets, cette année nous avons pu par trois fois écouter en public des créations sonores de toute sorte, commentées par leur auteur, réalisateur, producteur, autour de thématiques choisies. Ces soirs-là, les solitaires auteurs de radio  se découvrent des frères de solitude, de problématiques. Cela aide… Ils rencontrent des semblables de la SCAM (Soirée : Approches), des scénaristes auteurs d’adaptations (Soirée : Adaptation), des auteurs producteurs de radios locales privées…<br />
Un débat est lancé et ils n’ont pas besoin de micro pour prendre la parole derrière leur verre. On s’entend facile au bar. On est assis dans tous les sens. C’est drôle.<br />
Ainsi comme cela le cercle (parisien eh oui ) s’agrandit, se fidélise. Et l’on se dit que la création radiophonique dont les médias parlent si peu, la radio fragile, menacée parce que méconnue (Télérama, Le Monde sont les bons élèves), reste une expression unique. Belle. On se prouve en écoutant à soixante ou plus que l’auditeur qui habite en nous est un type rare et actif. Toujours debout, dressé par les oreilles. Imaginaire débridé.<br />
Oui nous sommes gâtés ici nous autres, riverains et sans doute nous l’oublions. Pas vous, éloignés.<br />
Une roulotte des auteurs genre de ciné-bar ambulant qui solutionnerait porte à porte notre gros problème de distance n’étant pas à l’ordre du jour, je dédierai la prochaine soirée d’écoute aux non parisiens. C’est promis.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/06/03/aux-non-parisiens/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les aventures de Bol et Ploche (3)</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/15/les-aventures-de-bol-et-ploche-3/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/15/les-aventures-de-bol-et-ploche-3/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 15 May 2009 09:26:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand van Effenterre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Création et internet]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/15/les-aventures-de-bol-et-ploche-3/</guid>
		<description><![CDATA[Bol et Ploche apprennent à chanter.
Aujourd’hui, c’est chorale.
Les CM 2 sont réunis dans la salle de musique.
Tous ensemble, ils répètent sous la direction de la maîtresse.
Soudain, tels de petits schtroumpfs sournois, Bol et Ploche se faufilent au fond de la salle.
Comme d’habitude, ils sont habillés tout pareil, avec leurs petits knickers à carreaux et leurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bol et Ploche apprennent à chanter.</p>
<p>Aujourd’hui, c’est chorale.<br />
Les CM 2 sont réunis dans la salle de musique.<br />
Tous ensemble, ils répètent sous la direction de la maîtresse.</p>
<p>Soudain, tels de petits schtroumpfs sournois, Bol et Ploche se faufilent au fond de la salle.<br />
Comme d’habitude, ils sont habillés tout pareil, avec leurs petits knickers à carreaux et leurs polos couleur framboise écrasée.<br />
- Maîtresse, maîtresse, Bol et Ploche ils viennent chanter avec nous !<br />
- Ah non, vous deux, ! dit la maîtresse, je vous ai déjà dit, c’est pas la peine de venir<br />
Ploche se tortille les mains autour de la chevalière noire qu’il a piquée à sa maman et qui est trop grande pour son annulaire.<br />
- Pourquoi vous voulez pas qu’on chante, maîtresse ?<br />
- Parce que vous chantez faux comme des casseroles tous les deux !<br />
Bol rougit.<br />
- On sait, maîtresse, mais il y a de part et d’autre volonté de s’expliquer dans le cercle de famille…<br />
Toute la classe crie :<br />
- On n’est pas une famille ! On n’est pas une famille !<br />
Bol rougit encore plus :<br />
- On veut pas chanter par démagogie à l’égard des jeunes, maîtresse !<br />
- Baratin… Baratin…<br />
Ploche sort un papier de sa poche.<span id="more-84"></span><br />
- On a un mot de la directrice, maîtresse !<br />
- Montre-moi ça !<br />
Ploche tend un petit bout de papier tout chiffonné :</p>
<p align="center"><em>Bol et Ploche son otorisé pour chanter </em><br />
<em>avec les CM 2</em><br />
<em>La directrice</em><br />
La maîtresse se fâche :<br />
-    D’habitude, tous les deux, vous disiez des bêtises… Maintenant, en plus, vous mentez et vous faites des faux !  Et ben bravo !</p>
<p>Bol et Ploche baissent la tête.</p>
<p>La maîtresse se tourne vers les CM 2 :<br />
- Allez, on reprend…<br />
les CM 2 reprennent tous ensemble le chant des partisans (de l’hadopi, bien sûr).</p>
<p>Est-ce que la maîtresse va punir Bol et Ploche en leur donnant à copier cent fois dans leur cahier « je ne dois pas mentir et faire des faux » ?</p>
<p>Bertrand van Effenterre</p>
<p>PS (c’est à dire post scriptum et non parti socialiste !) :<br />
Ma fille cadette,  à laquelle je raconte les histoires de Bol et Ploche le soir en la couchant, me dit : « Papa, c’est quoi leurs vrais noms à Bol et Ploche ? ».<br />
Mais c’est leurs vrais noms, ma chérie… Leurs vrais noms de famille…<br />
Et leurs prénoms alors ?<br />
Leurs prénoms ? Je sais pas… Ah, si, je crois que c’est.. Christian et Patrick … Oui, Christian Bol et Patrick Ploche… Oui, c’est ça !<br />
Maintenant qu’elle sait, ma fille cadette peut s’endormir tranquille…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/15/les-aventures-de-bol-et-ploche-3/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les aventures de Bol et Ploche (2)</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/13/les-aventures-de-bol-et-ploche-2/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/13/les-aventures-de-bol-et-ploche-2/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 13 May 2009 08:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand van Effenterre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Création et internet]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/13/les-aventures-de-bol-et-ploche-2/</guid>
		<description><![CDATA[Bol et Ploche veulent jouer au foot.
Aujourd’hui, les CM2 sont réunis dans le bureau de la directrice.
Il y a du drame dans l’air !
Face à Bol et Ploche, toute l’équipe de foot des CM2 en colère.
- On veut pas jouer avec eux !
- Ils nous ont piqué tous nos dvd !
- Ils ont volé « [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bol et Ploche veulent jouer au foot.</p>
<p>Aujourd’hui, les CM2 sont réunis dans le bureau de la directrice.<br />
Il y a du drame dans l’air !</p>
<p>Face à Bol et Ploche, toute l’équipe de foot des CM2 en colère.<br />
- On veut pas jouer avec eux !<br />
- Ils nous ont piqué tous nos dvd !<br />
- Ils ont volé « Brice de Nice » et  « OSS 117 » !<br />
- C’est des voleurs !<br />
- C’est des menteurs !</p>
<p>Comme d’habitude, Bol et Ploche ont le même costume, aujourd&#8217;hui des culottes courtes et des chemisettes à petits carreaux bleus et verts très « vintage ».<br />
Comme d’habitude Ploche transpire beaucoup.<br />
- On les a pas volés, Madame la Directrice, on les a téléchargés !<br />
- Sur le wifi du café à côté de l’école !<br />
- Comme ça Maman elle recevra pas la lettre recommandée de l’Hadopi !<br />
- Le téléchargement, c’est un droit fondamental, Madame la Directrice !<span id="more-83"></span></p>
<p>La directrice prend sa grosse voix qui fait peur à tous les élèves.<br />
- Elevons le débat ! Elevons le débat ! Je suis la directrice ! Elevons le débat !</p>
<p>Dans l’équipe, ils parlent tous en même temps, tellement ils sont en colère.<br />
- On veut pas jouer avec des voleurs !<br />
- Ils connaissent même pas les règles !<br />
- On veut pas d’eux dans les vestiaires !<br />
- On a pas confiance ! On sait jamais ce qu’ils font dans votre dos !<br />
- Les dvd, on a pas le droit de les voler !<br />
- Le cinoche, c’est sacré !<br />
- C’est comme le foot !</p>
<p>Comme d’habitude la déléguée de classe, Vévette, ne dit rien. Sournoise, elle se cache pour qu’on ne la remarque pas derrière le gros Ploche qui transpire de plus en plus.<br />
La directrice ne sait plus où donner de la tête.<br />
- Elevons le débat ! Je vous en prie, élevons le débat !</p>
<p>Mais les invectives continuent.<br />
- Tu as dit que c’était la publicité qui devait payer !<br />
- J’ai jamais dit ça !<br />
- Menteur ! Je l’ai enregistré dans mon I Phone !<br />
- Internet, c’est un droit fondamental, on a pas le droit de le couper !<br />
- Mais si tu les paies pas, Free ou Orange, ils te coupent l’abonnement !<br />
- Oui, mais ça c’est le droit fondamental d’Orange de faire son beurre !<br />
- Elevons le débat, je vous prie, élevons le débat !<br />
- Vous êtes tous des vieux dans l’équipe ! Nous on est du côté des jeunes !<br />
- Les jeunes, ils connaissent pas les règles parce que personne ne leur a appris.<br />
- Vous voulez leur apprendre à voler ?<br />
- La propriété c’est le vol !<br />
- C’est Dani qui dit ça, cui qu’est en CM 1 !<br />
- Non, c’est Proudhon !<br />
- Il est en quelle classe, cui-là ?<br />
- Ploche et Bol, ils jouent individuel, Madame la Directrice !<br />
- Ils jouent perso…<br />
- Ils veulent avoir leur photo dans l’Equipe !<br />
- Mais le foot, c’est collectif  si on veut gagner…<br />
- Regardez Guingamp !<br />
- Ou le Barça !</p>
<p>L’équipe de foot des CM2 se lève.</p>
<p>- Madame la directrice, nous, on jouera jamais dans la même équipe que Bol et Ploche !</p>
<p>Bol et Ploche baissent la tête.</p>
<p>Est-ce que la directrice va les punir en leur donnant à copier cent fois dans leur cahier « je dois réfléchir avant de dire des bêtises » ?</p>
<p>(fin de l’épisode)</p>
<p>propos recueillis hier avec difficulté compte tenu du brouhaha dans le bureau de Martine Aubry par Bertrand van Effenterre</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/13/les-aventures-de-bol-et-ploche-2/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les aventures de Bol et Ploche</title>
		<link>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/11/les-aventures-de-bol-et-ploche/</link>
		<comments>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/11/les-aventures-de-bol-et-ploche/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 11 May 2009 10:37:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bertrand van Effenterre</dc:creator>
				<category><![CDATA[Création et internet]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/11/les-aventures-de-bol-et-ploche/</guid>
		<description><![CDATA[Bol et Ploche ont une idée !
« Aujourd’hui, dit la maîtresse, on va jouer à l’Assemblée Nationale. Qui veut commencer ? »
« Moi, moi, moi !!! » crient ensemble Bol et Ploche en se levant très vite derrière leurs petits bureaux.
Bol et Ploche sont habillés tout pareil, avec de jolis petits pantalons de golf et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bol et Ploche ont une idée !</p>
<p>« Aujourd’hui, dit la maîtresse, on va jouer à l’Assemblée Nationale. Qui veut commencer ? »<br />
« Moi, moi, moi !!! » crient ensemble Bol et Ploche en se levant très vite derrière leurs petits bureaux.<br />
Bol et Ploche sont habillés tout pareil, avec de jolis petits pantalons de golf et des tee-shirts de couleur rose tout mignons (rose PS, bien sûr !)<br />
-    Moi, je veux être ministre de la culture !<br />
-    Et moi ministre des zordinateurs !<br />
« Et pourquoi vous voulez être ministres de la culture et des ordinateurs ? » demande la maîtresse.<br />
-    Comme ça j’aurais toutes les chansons de Nolwenn Leroy gratuites dans mon baladeur !<br />
-    Et moi j’aurais toutes les chansons d’Elodie Frégé dans mon ordinateur sans payer…<br />
« Et comment vous ferez pour avoir toutes les chansons de Nolwenn et d’Elodie gratuites dans votre baladeur et dans votre ordinateur » questionne la maîtresse.<br />
-    C’est fastoche, maîtresse, c’est fastoche !<br />
« On ne parle pas tous en même temps » dit la maîtresse, « et on s’exprime correctement ».<br />
<span id="more-82"></span></p>
<p>Alors Ploche prend son petit cahier et lit :<br />
« Le montant de la contribution créative  sera fixé par la première loi de finances après l’adoption de l’accord en fonction du montant des revenus de droits collectés par la gestion collective issus de la consommation privée de phonogrammes. »</p>
<p>C’est trop bien, dit Bol, comme ça ma Maman, elle me grondera plus comme quand elle reçoit une lettre recommandée parce que j’ai téléchargé illégalement « J’ai la peau trop pâle »… (il chante).</p>
<p>Vous savez ce que vous avez inventé ?  demande la maîtresse.<br />
-    Non, maîtresse.<br />
-    Ca s’appelle un impôt.<br />
-    Nous, on a inventé un impôt ?<br />
-    Oui, un impôt nouveau,<br />
-    Oh, ben zut alors !<br />
-     Un impôt nouveau… qui va venir s’ajouter à tous les impôts qui existent déjà !<br />
-    Oh la la…On savait pas, maîtresse, qu’on avait inventé un impôt ! On vous jure !<br />
-    Eh oui !  Vous êtes comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir…<br />
-    Pourquoi ? Nous aussi on dit de la prose sans le savoir, maîtresse ?<br />
-    Non, mais vous vous dites des bêtises, et des bêtises grosses comme vous !</p>
<p>Bol et Ploche baissent la tête.</p>
<p>Est-ce que la maîtresse va les punir en leur faisant copier cent fois dans leur cahier : « Je ne dirai plus de bêtises grosses comme moi » ?</p>
<p>(Fin de l’épisode)</p>
<p>Bertrand van Effenterre</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.ca.blog.sacd.fr/index.php/2009/05/11/les-aventures-de-bol-et-ploche/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
