{"id":453,"date":"2012-10-01T09:44:05","date_gmt":"2012-10-01T08:44:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ca.blog.sacd.fr\/?p=453"},"modified":"2012-10-01T09:44:05","modified_gmt":"2012-10-01T08:44:05","slug":"jean-renoir-la-biographie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ca.blog.sacd.fr\/index.php\/2012\/10\/01\/jean-renoir-la-biographie\/","title":{"rendered":"Jean Renoir, la biographie"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/www.ca.blog.sacd.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TavernierBertrand.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-391\" style=\"margin-left: 7px; margin-right: 7px;\" title=\"TavernierBertrand\" src=\"https:\/\/www.ca.blog.sacd.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/03\/TavernierBertrand.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"150\" \/><\/a>par Bertrand Tavernier, ancien administrateur cin\u00e9ma<\/em><\/p>\n<p>Disons le simplement, le RENOIR de Pascal M\u00e9rigeau est sinon la meilleure biographie critique \u00e9crite sur un cin\u00e9aste, du moins l&rsquo;une des deux ou trois meilleures. Qui \u00e9vite tous les pi\u00e8ges de certains ouvrages am\u00e9ricains qui sacrifient l&rsquo;esth\u00e9tique des films, leur force artistique, bref l&rsquo;analyse critique \u00e0 des d\u00e9tails biographiques, des ragots intimes le plus souvent haineux et rances. Welles, Losey ont \u00e9t\u00e9 les victimes de ces approches. Rien de tel ici. Les analyses de Pascal M\u00e9rigeau sont concises, denses, passionn\u00e9es. Il d\u00e9busque des touches, des inventions typiquement renoiriennes dans un film de commande (comme cet AMAZING MRS HOLLIDAY avec Deanna Durbin o\u00f9 l&rsquo;on d\u00e9couvre, r\u00e9v\u00e9lation stup\u00e9fiante, pour la premi\u00e8re fois que Renoir a tourn\u00e9 44 jours sur les 49 du plan de travail initial), \u00e9voque merveilleusement les beaut\u00e9s de LA R\u00c8GLE DU JEU, de LA PARTIE DE CAMPAGNE. Bref il parle de la mise en sc\u00e8ne, du style souvent g\u00e9nial, innovant du cin\u00e9aste.<\/p>\n<p>Il parle aussi des conditions de\u00a0 tournage souvent ahurissantes qui d\u00e9terminent des choix artistiques, expliquent le ratage de VIVRE LIBRE, LA FEMME SUR LA PLAGE, de nombreuses s\u00e9quences de MADAME BOVARY, les incertitudes du CARROSSE D&rsquo;OR. Les chapitres sur UNE PARTIE DE CAMPAGNE, LA GRANDE ILLUSION, le FLEUVE nous r\u00e9v\u00e8lent des faits surprenants. C&rsquo;est que Pascal M\u00e9rigeau n&rsquo;est pas soumis \u00e0 une vision auteuriste. Il bouscule la doxa, r\u00e9fute un tr\u00e8s grand nombre d&rsquo;interpr\u00e9tations, met \u00e0 mal bien des l\u00e9gendes, des mensonges cr\u00e9es par Renoir et colport\u00e9es par des thurif\u00e9raires aveugles. Non, Renoir ne fut pas un adepte syst\u00e9matique du d\u00e9cor naturel. Il adorait le studio. Les s\u00e9quences soi-disant improvis\u00e9es figurent int\u00e9gralement dans les sc\u00e9narios, les mouvements d&rsquo;appareil invent\u00e9 sur le plateau &#8211; dans LE CRIME DE MONSIEUR LANGE &#8211; sont d\u00e9crits dans le premier d\u00e9coupage. On d\u00e9couvre la part prise sans doute par Paul Fejos au montage de LA CHIENNE, l&rsquo;incapacit\u00e9 de Renoir \u00e0 s&rsquo;adapter aux Studios am\u00e9ricains et ce, parfois, \u00e0 bon escient.<\/p>\n<p>M\u00e9rigeau ne cache pas la part d&rsquo;ombre, les zones noires : la mani\u00e8re qu&rsquo;a Renoir d&rsquo;\u00e9liminer ses collaborateurs, ses co-sc\u00e9naristes au fur et \u00e0 mesure des interviews, des versions de ses m\u00e9moires (cf le traitement de Carl Einstein pendant TONI), ses prises de position politiques honteuses en 1940, les propos teint\u00e9s d&rsquo;antis\u00e9mitisme, son soutien \u00e0 Mussolini. Mais il conserve sinon une sympathie (il est difficile d&rsquo;approuver le traitement de Becker par Renoir, son opportunisme politique, son \u00e9go\u00efsme), du moins une empathie chaleureuse. On comprend, sans les excuser, certaines prises de position. \u00ab\u00a0Renoir, c&rsquo;est le traitre int\u00e9gral\u00a0\u00bb, dit Charles Spaak qui ajoute \u00ab\u00a0mais quoi qu&rsquo;il fasse, on ne peut pas lui en vouloir\u00a0\u00bb. Au passage il r\u00e9fute les accusation d&rsquo;antis\u00e9mitisme port\u00e9es contre LA GRANDE ILLUSION (et cite une attaque inou\u00efe et abjecte de C\u00e9line) et le soi disant message pacifiste. Il nous donne \u00e0 voir et \u00e0 comprendre et, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, \u00e9crit un livre qui regarde l&rsquo;homme et ses films comme ce dernier regardait, dans ses chefs d\u2019\u0153uvre, ses personnages, un livre qui montre les raisons de chacun et toutes celles du cin\u00e9aste m\u00eame si certaines ne sont pas glorieuses.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Bertrand Tavernier, ancien administrateur cin\u00e9ma Disons le simplement, le RENOIR de Pascal M\u00e9rigeau est sinon la meilleure biographie critique \u00e9crite sur un cin\u00e9aste, du moins l&rsquo;une des deux ou trois meilleures. 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