{"id":46,"date":"2007-02-05T18:52:18","date_gmt":"2007-02-05T16:52:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.sacd.fr\/blogca\/?p=46"},"modified":"2007-03-09T10:44:55","modified_gmt":"2007-03-09T09:44:55","slug":"culture-detat-et-democratie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ca.blog.sacd.fr\/index.php\/2007\/02\/05\/culture-detat-et-democratie\/","title":{"rendered":"Culture d&rsquo;\u00e9tat et d\u00e9mocratie"},"content":{"rendered":"<p><font size=\"2\">J&rsquo;ai re\u00e7u ce courrier de Gildas Bourdet, metteur en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre renomm\u00e9 et \u00e0 succ\u00e8s (h\u00e9las pour lui semble-t-il) qui f\u00fbt en charge notamment de la direction du Th\u00e9\u00e2tre national de Marseille-la Cri\u00e9e.<br \/>\nCe que raconte cette lettre est grave, grave pour celui qui a subi ce dont il est question, grave aussi pour la collectivit\u00e9 des auteurs, et grave peut-\u00eatre plus encore pour notre pays.<br \/>\nOutre qu&rsquo;elle traduit un s\u00e9rieux malaise dans le spectacle vivant et particuli\u00e8rement le th\u00e9\u00e2tre public, elle pose un probl\u00e8me politique majeur auquel il serait urgent que les politiques s&rsquo;int\u00e9ressent :<br \/>\nExiste-t-il en France une culture d\u00a0\u00bbEtat? Ou plut\u00f4t une culture \u00e9tatiquement correcte? Et si oui est-elle compatible avec la d\u00e9mocratie?<br \/>\nLuc B\u00e9raud, sc\u00e9nariste et r\u00e9alisateur, qui co-pr\u00e9side avec moi la commission t\u00e9l\u00e9vision de la SACD, s&rsquo;associe \u00e0 ce message.<\/font><font size=\"2\"><br \/>\n<!--more--><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><font size=\"2\" \/><font size=\"2\" \/><font size=\"2\" \/><\/font><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><\/font><font size=\"2\"><\/p>\n<table cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\" width=\"100%\" border=\"0\">\n<tr>\n<td style=\"width: 62%\">\u00a0<\/td>\n<td style=\"width: 38%\">\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 16pt; text-align: left\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">Monsieur le Ministre de la Culture<br \/>\net de la Communication<br \/>\n3\u00a0rue de Valois<br \/>\n75033 Paris cedex 01<\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\">\n<p align=\"right\">Paris, le 22 janvier 2007<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"margin-bottom: 16pt; text-align: left\"><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">Monsieur le Ministre,<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">Au cours d&rsquo;une r\u00e9union qui s&rsquo;est tenue le 12 octobre dernier \u00e0 la Direction R\u00e9gionale des Affaires Culturelles de l&rsquo;Ile de France, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 par Madame Revoy, chef du service du th\u00e9\u00e2tre, et son conseiller en la mati\u00e8re, M. Le Hou\u00e9dec, que la convention qui liait ma compagnie avec votre Minist\u00e8re depuis mon d\u00e9part du Th\u00e9\u00e2tre National de Marseille-La Cri\u00e9e en 2001, et qui arrivait \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance le 31 d\u00e9cembre dernier, ne serait pas renouvel\u00e9e au-del\u00e0 de cette date.<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">Il me fut indiqu\u00e9 que je ferai l&rsquo;objet d&rsquo;une mesure dite \u00ab\u00a0d\u2019accompagnement\u00a0\u00bb de trois ans au cours desquels la subvention de ma compagnie diminuerait de vingt-cinq pour cent par exercice avant d&rsquo;atteindre une valeur nulle.<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">La philosophie de cette mesure \u00ab\u00a0d&rsquo;accompagnement\u00a0\u00bb ne m&rsquo;ayant pas \u00e9t\u00e9 autrement pr\u00e9cis\u00e9e, je puis supposer, par analogie avec les plans sociaux des entreprises, qu&rsquo;elle est destin\u00e9e \u00e0 faciliter ma reconversion dans un tout autre domaine d&rsquo;activit\u00e9, dont j&rsquo;avoue n&rsquo;avoir encore aucune id\u00e9e particuli\u00e8re.<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">Diff\u00e9rentes raisons furent invoqu\u00e9es par les deux fonctionnaires, l\u00e9gitimant selon eux leur d\u00e9cision et celle de leur hi\u00e9rarchie \u00e0 mon endroit. Le \u00ab\u00a0non renouvellement de mes partenariats en coproduction\u00a0\u00bb et la \u00ab\u00a0baisse de mon activit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e9tant des contrev\u00e9rit\u00e9s trop ais\u00e9ment d\u00e9montrables, ils ne s&rsquo;appesantirent pas outre mesure sur le sujet.<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">Il en alla tout autrement de l&rsquo;appr\u00e9ciation de mon travail artistique. A les en croire, le comit\u00e9 d&rsquo;experts consultatif, charg\u00e9 de rendre un avis sur la question avait estim\u00e9 que je montais des auteurs \u00ab\u00a0indigents\u00a0\u00bb dont deux furent express\u00e9ment cit\u00e9s\u00a0: G\u00e9rald Aubert et Alan Ayckbourn. Il est int\u00e9ressant de noter qu&rsquo;une \u0153uvre de G\u00e9rald Aubert que j&rsquo;avais pr\u00e9c\u00e9demment mise en sc\u00e8ne au Th\u00e9\u00e2tre de la Cri\u00e9e et au Th\u00e9\u00e2tre H\u00e9bertot, avec Jacques Gamblin en t\u00eate de distribution, a re\u00e7u sept nominations aux Moli\u00e8res 2000 dont celle du \u00ab\u00a0Meilleur Auteur\u00a0\u00bb et celle de la \u00ab\u00a0Meilleure pi\u00e8ce de cr\u00e9ation fran\u00e7aise\u00a0\u00bb et qu&rsquo;il est de notori\u00e9t\u00e9 publique qu&rsquo;Alan Ackbourn, dont Alain Resnais a adapt\u00e9 deux \u0153uvres au cin\u00e9ma, est l&rsquo;auteur de langue anglaise le plus jou\u00e9 au monde apr\u00e8s son compatriote William Shakespeare.<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">L&rsquo;appr\u00e9ciation de l&rsquo;indigence peut donc \u00eatre, vous me le conc\u00e9derez sans doute, sujette \u00e0 caution&#8230;<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">Pour \u00eatre tout \u00e0 fait pr\u00e9cis, je dois reconna\u00eetre que rien ne me fut dit de l\u2019\u00e9ventuelle \u00a0 \u00ab\u00a0indigence\u00a0\u00bb d\u2019Eric-Emmanuel Schmitt, de Louis Calaferte ni de celle de Marivaux et de Moli\u00e8re que j&rsquo;ai \u00e9galement mis en sc\u00e8ne dans le cadre de ma d\u00e9funte convention.<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">La seconde raison \u00e9nonc\u00e9e \u00e9tait que j&rsquo;engageais des acteurs qui, pour acteurs qu&rsquo;ils fussent, n&rsquo;avaient rien \u00e0 faire sur des sc\u00e8nes subventionn\u00e9es par la puissance publique, notamment et pour ne citer qu&rsquo;elle, Mademoiselle Val\u00e9rie Mairesse, dont le tort semblait \u00eatre d&rsquo;appara\u00eetre dans des \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision destin\u00e9es au grand public.<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">La troisi\u00e8me de ces raisons \u00e9tait que le sc\u00e9nographe que je suis dessinait pour les spectacles que je mets en sc\u00e8ne des d\u00e9cors jug\u00e9s \u00ab\u00a0trop lourds\u00a0\u00bb, en d\u00e9pit de la modestie des sommes que je peux leur consacrer.<\/p>\n<p>Je n&rsquo;ai pu obtenir de mes interlocuteurs aucune d\u00e9finition un tant soit peu pr\u00e9cise de cette notion. A d\u00e9faut, il ne me reste qu&rsquo;\u00e0 verser ce jugement au titre des effets pervers d&rsquo;un soin du d\u00e9tail qui a toujours \u00e9t\u00e9 le mien, et que j&rsquo;assume artistiquement sans \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>La derni\u00e8re des raisons invoqu\u00e9es fut que votre Minist\u00e8re \u00e9tait fort d\u00e9sargent\u00e9, ce qui est navrant, que beaucoup de jeunes metteurs en sc\u00e8ne frappaient \u00e0 votre porte, ce qui est r\u00e9jouissant, et que bien qu&rsquo;\u00e2g\u00e9 de seulement cinquante-neuf ans, je devais songer \u00e0 me retirer pour faire de la place ; ce qui, pour ne rien vous cacher, me para\u00eet, pour le coup tout \u00e0 fait navrant. Je ne pus alors m&#8217;emp\u00eacher de songer que le chef de l&rsquo;Etat lui-m\u00eame donne, en l&rsquo;occurrence, un tr\u00e8s mauvais exemple lorsqu&rsquo;il \u00e9voque publiquement sa possible candidature alors qu&rsquo;il est plus que septuag\u00e9naire.<\/p>\n<p>Mais je n&rsquo;en ai dit mot et je me suis content\u00e9 de faire observer \u00e0 mes interlocuteurs que les trois premi\u00e8res raisons qu&rsquo;ils avaient invoqu\u00e9es \u00e9taient pour le moins probl\u00e9matiques et qu&rsquo;elles m\u00e9ritaient de faire d\u00e9bat d\u00e8s lors que le Minist\u00e8re de la Culture et de la Communication les faisaient siennes.<\/p>\n<p>Elles ne peuvent en effet qu&rsquo;amener \u00e0 s&rsquo;interroger sur l&rsquo;existence effective d&rsquo;une culture officielle, suppos\u00e9e \u00e9thiquement et esth\u00e9tiquement correcte, dont les fonctionnaires de votre Minist\u00e8re seraient, entre autres, consciemment ou non, les agents.<\/p>\n<p>Subodorant qu&rsquo;ils venaient de m&rsquo;en infliger douloureusement la preuve, j&rsquo;ai interrog\u00e9 mes interlocuteurs sur l&rsquo;existence d&rsquo;un codex des auteurs qu&rsquo;il convenait de mettre en sc\u00e8ne et des acteurs qu&rsquo;il \u00e9tait s\u00e9ant d&rsquo;engager dans les th\u00e9\u00e2tres subventionn\u00e9s par l&rsquo;Etat, ainsi que sur celle d&rsquo;un r\u00e8glement d\u00e9finissant les crit\u00e8res esth\u00e9tiques des d\u00e9cors destin\u00e9s \u00e0 ces m\u00eames th\u00e9\u00e2tres ; ce qui permettrait d&rsquo;\u00e9viter le genre de d\u00e9sagr\u00e9ments que je connais aujourd&rsquo;hui. Ils ne m&rsquo;oppos\u00e8rent pour toute r\u00e9ponse que des mines offusqu\u00e9es qui ne m&rsquo;\u00e9clair\u00e8rent gu\u00e8re.<\/p>\n<p>Pourtant, officialiser la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une culture officielle, aujourd&rsquo;hui pr\u00e9gnante et inavou\u00e9e, ne serait pas n\u00e9cessairement nuisible \u00e0 un indispensable d\u00e9bat sur la d\u00e9mocratisation culturelle, \u00e0 un moment historique o\u00f9 la presse rel\u00e8ve une baisse drastique de la fr\u00e9quentation des th\u00e9\u00e2tres publics.<\/p>\n<p>Pour ma part, j&rsquo;en avais d\u00e9j\u00e0 fortement soup\u00e7onn\u00e9 l\u2019existence lorsque je me suis retrouv\u00e9 \u00e9cart\u00e9 de la direction du Th\u00e9\u00e2tre National de Marseille en 2001 apr\u00e8s quatre ans d&rsquo;un conflit qui m&rsquo;avait durement oppos\u00e9 \u00e0 votre pr\u00e9d\u00e9cesseur Mme Catherine Trautman et \u00e0 la Direction de la Musique, du Th\u00e9\u00e2tre de la Danse\u00a0 et des Spectacles.\u00a0 En effet, ces derniers me reprochaient conjointement, outre les liens que j&rsquo;avais r\u00e9ussi \u00e0 tisser avec certains th\u00e9\u00e2tres priv\u00e9s parisiens, les succ\u00e8s publics que connaissaient mes spectacles et ma programmation : une moyenne de 100 000 spectateurs annuels, et une fr\u00e9quentation d\u00e9passant les 90% qu&rsquo;ils jugeaient singuli\u00e8rement exag\u00e9r\u00e9e, voire ind\u00e9cente. Si j&rsquo;en crois le journal Le Monde, apr\u00e8s mon d\u00e9part les chiffres de fr\u00e9quentation de la Cri\u00e9e sont tr\u00e8s vite rentr\u00e9s dans des proportions apparemment beaucoup plus acceptables par votre administration.<\/p>\n<p>Au cours de la seconde des deux r\u00e9unions destin\u00e9es \u00e0 me mieux expliquer ce qui m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 au cours de la premi\u00e8re, et qui a r\u00e9uni autour de mon humble personne M. Henri Paul, votre chef de cabinet, M. Thierry Pariente, votre conseiller pour le th\u00e9\u00e2tre, M. De Canchy, directeur r\u00e9gional des affaires culturelles, et Mme Genthon son adjointe, l&rsquo;un de ces hauts fonctionnaires m&rsquo;a affirm\u00e9 que le Minist\u00e8re de la Culture et de la Communication n&rsquo;avait absolument pas vocation \u00e0 aider les artistes qui rencontraient du succ\u00e8s aupr\u00e8s du public.<\/p>\n<p>Une telle doxa pourrait expliquer pourquoi et comment le th\u00e9\u00e2tre subventionn\u00e9 est en quelque sorte astreint \u00e0 une obligation implicite de non-r\u00e9sultat, \u00e0 laquelle il se soumet tr\u00e8s efficacement, si l&rsquo;on en croit Le Monde du 19 janvier qui annonce une perte d&rsquo;un quart du public des th\u00e9\u00e2tres nationaux en moins de dix ans.<\/p>\n<p>S&rsquo;il s&rsquo;agit encore aujourd&rsquo;hui de faire pour le th\u00e9\u00e2tre \u00ab\u00a0ce que la III\u00e8me R\u00e9publique a fait pour l&rsquo;\u00e9cole\u00a0\u00bb, comme le pr\u00e9conisait Andr\u00e9 Malraux, la profession de foi du haut fonctionnaire de votre Minist\u00e8re justifierait une r\u00e9flexion un tant soit peu approfondie.<\/p>\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, en d\u00e9pit que vous vous soyez d\u00e9clar\u00e9 \u00ab\u00a0tr\u00e8s attentif\u00a0\u00bb\u00a0 \u00e0 mes projets\u00a0 et que vous ayez dit y attacher \u00ab\u00a0une importance toute particuli\u00e8re\u00a0\u00bb dans une lettre que vous avez adress\u00e9e en 2005 \u00e0 M. Jean-Pierre Fourcade, votre administration a d\u00e9couvert, apr\u00e8s que j&rsquo;ai consacr\u00e9 trente ans de ma vie au th\u00e9\u00e2tre public, que je n&rsquo;\u00e9tais m\u00eame pas digne d&rsquo;une convention de compagnie au motif que je monte des auteurs\u00a0 \u00ab\u00a0indigents\u00a0\u00bb, avec des acteurs qui ne le sont pas moins, dans des d\u00e9cors \u00ab\u00a0trop lourds\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle a, bien \u00e9videmment, le droit de revenir, m\u00eame tardivement, sur l&rsquo;\u00e9garement qui a pu la conduire \u00e0 me confier la direction d&rsquo;un premier Centre Dramatique National dont j&rsquo;ai fait le Th\u00e9\u00e2tre National du Nord Pas-de-Calais, aujourd&rsquo;hui \u00ab\u00a0Th\u00e9\u00e2tre du Nord\u00a0\u00bb puis d&rsquo;un second, le Th\u00e9\u00e2tre National de Marseille-La Cri\u00e9e dont j&rsquo;ai fait le th\u00e9\u00e2tre de la d\u00e9centralisation le plus fr\u00e9quent\u00e9 par le public.<\/p>\n<p>Elle aurait d\u00fb \u00e9galement revenir sur celui qui a pu la conduire \u00e0 me d\u00e9cerner le titre de Chevalier\u00a0 puis celui d\u2019Officier dans l&rsquo;ordre des Arts et Lettres.<\/p>\n<p>Aussi, afin de ne pas mettre votre administration plus avant dans l&#8217;embarras, j&rsquo;ai r\u00e9solu de vous restituer cette d\u00e9coration, qui n&rsquo;a pu m&rsquo;\u00eatre remise qu&rsquo;au terme d&rsquo;une consternante m\u00e9prise, dont j&rsquo;avoue ne pas avoir pris moi-m\u00eame conscience avant la tr\u00e8s douloureuse et tr\u00e8s humiliante r\u00e9union du 13 octobre dernier, que j&rsquo;\u00e9voquais au d\u00e9but de cette lettre.<\/p>\n<p>J&rsquo;ignore tout des modalit\u00e9s pratiques d&rsquo;une telle restitution dont vos services ne manqueront pas de me tenir inform\u00e9.<\/p>\n<p>En esp\u00e9rant que vous me pardonnerez la longueur de ce courrier dont l&rsquo;excuse est qu&rsquo;il cl\u00f4t trois d\u00e9cennies\u00a0 de travail au service du th\u00e9\u00e2tre public et de la conception, sans doute obsol\u00e8te, que j&rsquo;en ai, je vous prie d&rsquo;agr\u00e9er, Monsieur le Ministre, l&rsquo;expression de mes sentiments les plus respectueux et les plus d\u00e9vou\u00e9s.<\/p>\n<p><\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">Gildas Bourdet<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\" \/><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\" \/><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\" \/><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\" \/><span style=\"font-size: 10pt; font-family: Verdana\">\u00a0<\/p>\n<p><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p \/><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai re\u00e7u ce courrier de Gildas Bourdet, metteur en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre renomm\u00e9 et \u00e0 succ\u00e8s (h\u00e9las pour lui semble-t-il) qui f\u00fbt en charge notamment de la direction du Th\u00e9\u00e2tre national de Marseille-la Cri\u00e9e. 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